de traviata » Mer 2 Mar 2011 14:26
Merci Katy !!!
Elle s'est posée à moi d'une manière particulière : j'ai eu dans ma classe un enfant sont la maman est handicapée mentale. Le compagnon de la mère (et donc père biologique) , alcoolique et violent, est sorti de sa vie après la naissance de ces deux enfants qui ont aujourd'hui 8 et 6 ans. Elle est évidemment sous tutelle, mais depuis cette année elle vit seule avec ses enfants (avant elle était chez sa sœur qui avait un fils adulte pas très "normal" non plus, qui terrorisait les enfants, leur interdisant de sortir de la chambre qu'ils partageaient avec leur mère, lit compris...)
Une association de quartier "suit" de près la maman avec une assistante sociale (comment gérer la vie quotidienne, nourrir convenablement les enfants...), et accueille les enfants gratuitement au centre aéré, à l'aide aux devoirs (la maman travaille dans un CAT), et les emmène en petits voyages, en sorties...
Cette maman aime ses enfants, fait de son mieux pour eux, je ne peux pas dire le contraire.
Mais ... il n'empêche qu'elle ne sait pas lire, que sa façon de s'exprimer est très limitée, qu'on la trouve en train d'errer dehors avec ses enfants le soir à des heures indues, que les gamins sont couchés à des heures impossibles (au point de s'endormir régulièrement en classe)... et que le plus grand commence à réaliser que sa maman n'est pas "comme les autres mamans". Et même si nous avons toujours été très vigilantes sur les propos des autres enfants, comment être sûres qu'aucun propos désobligeant n'a été tenu dans un coin de la cour de récréation ?
Les deux enfants sont très inhibés et en très grande difficulté scolaire malgré toute l'aide apportée.
Soyons lucides : Il est assez improbable qu'un parent handicapé mental soit en couple avec une personne "normale" (je n'aime pas le terme mais je ne sais pas trop comment le dire autrement...). Cela multiplie les facteurs de risques. Mais mon exemple montre que ce n'est pas plus facile avec la naissance d'un enfant "normal".
Donc, penser aux handicapés "parents potentiels", c'est une chose, mais il faut aussi songer à la vie des "enfants potentiels". Il n'y a donc pas que le "droit d'avoir des enfants" qui est en cause, il y a aussi le droit des enfants à avoir une vie "normale". C'est pourquoi, au risque de passer pour une vilaine partisane de l'eugénisme, je n'y suis honnêtement pas favorable.