vlj a écrit:Qui ne connait pas les quelques notes qui composent la musique de Super Mario, ou Zelda ? Qui n'a jamais entendu parler de Sonic ? Et qui ne connait pas, ne serait-ce que de nom, World of Warcraft ou les Sims ?
Ben à part les Sims, moi, je ne connais rien du tout ...
Personnellement je trouve déjà ça assez débile, notamment avec les "murmures expressifs" qui leur servent de langage. Je préfère le deuxième jeu que je la laisse utiliser : Alexandra Lederman (même pas sûr que vous connaissiez, c'est un truc de gamine et de chevaux, mais je vous rappelle qu'elle n'a que 11 ans)
On pourrait me reprocher de la faire vivre dans un monde de Bisounours, mais j'ai un argument tout prêt : la violence des jeux vidéo n'est pas Bisounours, certes, mais elle n'est pas plus réelle. Mais je la vois revenir dans la vraie vie,(à l'échelle de la cour de récréation, parce que pas mal de grands, notamment de garçons, utilisent des jeux qui d'après des collègues sont théoriquement interdits pour leur âge) d'une façon qui me laisse à penser que cette violence n'est nullement cathartique, au contraire, elle la banalise. J'en dirais autant de mal de dessins animés où il n'y a pas la moindre intrigue, juste de la castagne.
Mais cette violence ne leur apprend pas à vivre dans un monde violent, ô combien, mais d'une manière toute différente.
Sans nul doute, car ils le disent, ils reproduisent ce qu'ils voient, même si j'ai oublié les noms, mais surtout ils deviennnent intolérants à tout, tout est prétexte à s'agresser. Je prends après la cantine 5 garçons assez difficiles de CM1 en atelier musical, le moindre mot, même un simple regard, et hop, ils sont sur les dents.
Pourtant c'est une carapace, c'est bien piquant à l'extérieur, et tout gentil à l'intérieur. Je leur ai proposé de choisir leur premier chant en m'apportant des CD de chez eux, et je me suis retrouvée à rapper "Papa" de "La Fouine" ... A l'idée de chanter devant toute l'école, ils éclataient de fierté et l'un des cinq m'a même demandé si "son père allait le voir de là haut comme dans la chanson". Ca m'a arrêtée dans mon élan, comme il n'a jamais été dans ma classe, je ne connaissais pas sa situation familiale qu'il m'a révélée ce jour là : sa mère a eu son frère ainé, elle a quitté le père, un an plus tard elle l'a eu lui et a quitté le père, et là ils en sont au nième beau-père... mais le "vrai père" de l'enfant est décédé l'année dernière. Lui et son frère traînent souvent dans la rue jusqu'au retour de la mère à 21 h 30 (à 10 et 11 ans). La nuit ils feignent de se coucher, et ils se relèvent pour jouer justement, en ligne ou aux jeux vidéo, et leur maître (qui s'y connait mieux que moi en la matière) m'a dit qu'un soir à la sortie de l'étude, l'un d'eux lui avait dit qu'il avait peur de rentrer chez lui. Et ce qui lui faisait peur, c'était des personnages d'un jeu que mon collègue connaissait, qui parait-il n'est pas autorrisé aux mineurs (??) et qu'il transposait dans la vraie vie. C'est difficile de faire la part des violences réelle et virtuelle dans tout ça.