Je ne suis pas là pour prendre la défense de Hadopi qui est pour moi une usine à gaz à la fois aussi coûteuse qu'inefficace. Mais oui, le secteur de la musique (je parle du domaine qui m’intéresse le plus

) est en crise et le piratage en est en grande partie responsable pour moi (même si d'autres facteurs rentrent en compte : nivellement par le bas de la musique proposée, exposition à la radio et à la télé d'une quantité limité d'artiste, à savoir les plus rentables, etc...). Alors c'est vrai, les gros labels (du type Universal) et les gros magasins de disques (comme la Fnac) prospèrent et peuvent donner l’illusion que tout va bien. Mais ce n'est pas le cas des petites structures indépendantes (magasins ou labels) en général tenues par des passionnés et qui tentent de survivre malgré un avenir assez incertain. Je lis régulièrement Noise Mag (oui, je raconte ma vie), un canard musical qui consacre dans chacun de ses numéros 2 pages à l'interview de responsables de petits labels. Et invariablement, ces personnes expliquent qu'ils voient les ventes de disques diminuer et qu'ils sont assez inquiets pour le futur de leur structure. N'oublions pas que certains petits labels ne sont composés que d'une seule personne qui a investi tout son argent dedans. La mort du CD (et du vinyle), c'est donc aussi la mort de ces structures, le chômage pour pas mal de gens et la disparition d'une certaine variété dans les styles musicaux (certains labels étant très spécialisés).
Ce serait aussi la fin de carrière pour beaucoup d'artistes.
C'est vrai, Mozart (pour reprendre l’exemple de Steph) a vécu sans maisons de disques. Mais sa musique était réservée à une élite qui avait les moyens d'aller assister à ses concerts. Et malgré tout son talent, sans mécénat Mozart n'aurait pas pu vivre en composant de la musique, un système qui me paraît impossible de nos jours...
De même vivre uniquement de ses concerts (pour reprendre ce que disait Phacops) me paraît bien difficile.
Déjà certains groupes sont dans l'incapacité d'en faire (et oui, quand on est seul ou deux à se partager la guitare, la basse, la batterie et le synthé en studio, on fait comment sur scène?). Ensuite il faut avoir les moyens pour payer le matériel et le transport de villes en villes (voir de pays en pays) et un minimum de renommé pour qu'une salle accepte de laisser le groupe jouer. Enfin, dans le cas des petits groupes, il faut avoir la volonté de passer plus de 6 mois sur la route dans un van pourri, à faire de la route le jour et se coucher à 1 heure du mat tous les soirs pour ranger le matos après un concert...
Je pense donc qu'il faut avoir l'honnêteté de reconnaitre que le téléchargement c'est pas seulement illégal, mais c'est aussi et surtout du vol qui met en danger la création artistique (et pourtant je suis comme tout le monde je télécharge beaucoup aussi... Bon, je compense en achetant beaucoup aussi

).
Est-ce qu'il y a une solution pour rendre artistes, labels et auditeurs contents? Pas sûr... Hadopi ne sert à rien... Augmenter le pouvoir d'achat? Personne ne s'en plaindra mais il ne faut pas se faire d'illusion, les gens achèteront autre chose que des CD et des DVD, le piratage reste la solution la plus simple... D'autres solutions?
Désolé si ce coup de gueule paraît hautain ou trop virulent mais j'avais aussi envie de rappeler certains faits...