D'où vient notre timidité ?

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Re: D'où vient notre timidité ?

Messagede lavrenti » Dim 10 Jan 2010 20:43

J’ai été et je suis toujours un grand timide, comme la plupart ici. La timidité est en soit assez naturelle, ce n ‘est pas une pathologie à proprement parler. Mais si elle devient excessive, si elle finit par nous gêner, par nous empêcher de vivre comme nous le souhaitons, alors oui il faut s’en inquiéter.

D’où vient-elle ? Probablement de la peur du regard d’autrui, d’être jugé, rejeté, voir pire, ridiculisé et humilié. Les grands timides sont aussi très souvent des hyper-sensibles, qui veulent souvent trop bien faire et ont peur de l’échec.

D’après les spécialistes, la timidité serait très largement liée à l’éducation familiale et sociale. Et du coup, l’on en revient au problème du manque de confiance en soi. Et là, la responsabilité de l’entourage proche, et pas seulement des parents, peut clairement être pointée du doigt.

Mais ici sur ce forum, il s’agit le plus souvent de la timidité liée aux rencontres avec l’autre sexe. Surtout aux moments où l’on se trouve confronté à des personnes que l’on trouve attirante. Ou inversement qui sont attirées par nous. L’on a alors peur de l’échec, d’être ridicule, de ne pas être à la hauteur, etc.

Il faut avant tout prendre un minimum confiance en soi, si besoin est en se faisant aider. Et puis bien se dire que dans les relations hommes-femmes, les échecs, refus, plantages et autres, en font partie intégrante. L’on ne peut pas gagner à tous les coups, ni être toujours au top, avoir toujours le bon geste, le bon mot.

D’une part il faut apprendre de ses erreurs, et de l’autre, si une personne est vraiment intéressée, elle passera sur quelques maladresses bien compréhensibles.

Le fait d’avouer d’emblée sa timidité permet aussi de mettre son interlocuteur en condition, lequel se montrera plus indulgent. :)

Pour finir sur le petit garçon dont parle Traviata, outre un suivi médical par un psy, je ne pourrai que lui conseiller de pratiquer un sport de combat : judo pour commencer. J'ai connu un très grand timide, capable de pleurnicher uniquement parce que sa maîtresse de classe l'appelait. Après quelques années de pratique des arts martiaux, il est devenu ceinture noire, et surtout s'est métamorphosé au point de passer à l'adolescence au statut de "mâle dominant" (si vous me pardonnez l'expression). 8D
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Re: D'où vient notre timidité ?

Messagede bob7812 » Lun 11 Jan 2010 12:58

En ce qui me concerne je ne sais pas d'ou me viens ma timidité .Surement de moins ,car pas eut une enfance particulierement malheuseuse .Plutot heureuse je dirais meme .Mais n'empeche que chez moi la timidité est quasi maladive .Je ne sais pas si il y a une echelle de la timidité .Ou si il y a differentes type ou degres de timidité .Mais moi j'ai du mal a croire lorsque les gens me disent qu'ils sont timides .Ou qu'avant ils etaient comme moi.Parait que la timidité passe avec l'age . Moi je suis toujours aussi timide et angoissé qu'avant .Meme si je fais plus de chose qu'avant et que je suis plus ouvert qu'avant .Mais c'est au prix de beaucoup d'effort .Je prend beaucoup sur moi pour sortir ,parler au gens , affronter les collegues au boulot .Resulats des courses les soirs je suis souvent vanné et souvent ressent une impression de mal etre
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Re: D'où vient notre timidité ?

Messagede traviata » Mar 12 Jan 2010 21:25

Bonsoir

Un grand merci à tous pour vos réponses.
Il est sûr que lorsqu'on n'a pas de retour positif de nos parents , qui devraient normalement nous aimer de manière inconditionnelle, on va passer sa vie à essayer de gagner un peu d'estime de soi.

L'exemple des parents joue aussi certainement, car pour mes filles qui ont donc une Vraie Timide pour mère (même si, incontestablement, on évolue avec l'âge, ne serait-ce que parce qu'il faut sans cesse se faire violence pour "aller au charbon"), le fait d'avoir un père qui leur a sur ce plan transmis toute son extraversion et toute sa culture américaine donne un résultat ... étonnant ! J'ai participé à plusieurs "kick-off" de son entreprise où étaient parfois invitées les épouses, le concept est surprenant : chaque année, on réunit tout le monde autour d'activités extrêmement diverses, en équipes où on mélange des gens venant de tous les pays, qui ne se connaissent pas, et on doit gagner (c'est américain!!) grâce à l'esprit d'équipe et l'aptitude à communiquer. J'ai ainsi fait du "ski à 8", construit un tipi qu'on devait décorer avec des peintures représentant l'entreprise adverse à vaincre, et autres trucs délirants, morte de rire (si, si!) et dans la plus totale désinhibition. Interesting.

Certes, l'hyper-protection n'est pas non plus la meilleure réponse pour les enfants... Je crois que c'est un peu le souci de mon élève. Le travail psy est commencé, je vais maintenant faire du charme à la mère pour l'inscription au sport, et j'espère vous donner d'excellentes nouvelles en juin prochain : passage en CE2... avec le sourire !
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Messagede Gorn » Mar 12 Jan 2010 22:57

Ils ont de bonnes idées ces américains :p
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Messagede MissJack » Mer 13 Jan 2010 04:10

Un de mes anciens profs disait "oh mais vous savez, TOUT LE MONDE est timide"... et je pense que c'est vrai! Cette année en fac, j'ai vu chaque personne dans chacun de mes groupes de TD passer en exposé devant tout le monde. Bah il n'y avait pas une seule personne qui paraissait complètement à l'aise, ça enquiquine tout le monde ce genre de chose, même si c'est à différents degrés. Il y a eu au moins 6 ou 7 filles qui sont devenues rouges comme des tomates d'un coup pendant les 30 minutes d'exposé, d'autres (chez les garçons plutôt) qui parlaient dans leur barbe ou avalaient leur salive toutes les 2 secondes ce qui faisait qu'on ne comprenait rien, d'autres encore qui faisaient tomber leurs feuilles, se dandinaient partout, bref, on voyait qu'ils n'étaient pas à l'aise. Il y en a bien 2 ou 3 pour qui ça n'a pas l'air de poser problème, mais tout comme les faux-timides existent, il y a aussi les faux-pas-timides dont on ne peut pas voir qu'ils sont gênés dans certaines situations juste parce qu'ils ont la chance de ne pas être sujets au rougissement (et ça, ça dépend juste du type de peau qu'on a, un métisse pourrait avoir chaud tant qu'il veut ça ne se verra pas sur ses joues...), ou de ne pas être sujets non plus aux tremblements, aux problèmes de voix qui chevrote etc., et pourtant ce n'est pas pour ça qu'à l'intérieur ils se sentent bien !

On s'est toujours fichu de moi quand je disais que j'étais timide (bon, maintenant je ne dirais plus cela, mais à une époque je l'étais, et j'en garde encore quelques traces minimes), quand je devais passer à l'oral devant la classe, je n'avais qu'une envie juste avant, c'était de m'enfuir loin, très loin ! Une fois lancée je suis une furie et tout se passe bien, mais la veille, je ne dors pas beaucoup, et puis franchement ça me tracasse plusieurs jours avant de passer, voire même plus !

Bref, je pense que la timidité est un faux problème. Tout comme j'aime bien dire qu'on peut très bien décider d'aimer quelqu'un, et le lendemain décider de ne plus l'aimer (grande découverte d'il y a peu de temps !), je pense un peu la même chose de la timidité. On peut s'en débarrasser assez facilement rien qu'à coups de volonté. J'avais un ami qui m'a dit il y a de ça, euh 5 ans "avant j'étais timide, et un jour j'ai décidé que je le serais plus, alors voilà, je ne suis plus timide" :) Et ça a marché !
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Re: D'où vient notre timidité ?

Messagede Lorelei » Mar 19 Jan 2010 20:54

La timidité... Merci Traviata d'avoir ouvert ce topic ! Cette question de l'origine de la timidité je me la pose aussi régulièrement.

J'ai eu une enfance heureuse, sans heurts. A l'école primaire, j'avais des amis avec lesquels je m'amusais bien. Avec le collège, est bien sûr venue l'adolescence. J'étais grande, dépassais en taille les garçons et je me trouvais très laide. Evidemment, les garçons ne s'intéressaient pas à moi mais ça me semblait tout à fait justifié. Mais lorsqu'il s'agissait de s'investir dans des exposés ou du théâtre, j'étais toujours partante, prête à faire un tas de choses originales. J'étais paradoxalement bien plus extravertie au collège et au lycée que maintenant. En effet, à présent, je n'oserais plus faire du théâtre, par peur d'avoir à jouer une scène de séduction, une situation amoureuse…
Puis je suis venue faire mes études à Paris. La 1ère année, je me suis fait des "amis" en prépa mais ensuite, chacun a suivi un cursus différent. Je me suis vite retrouvée isolée. Pendant des années, je me suis forcée à aller aux soirées organisées par les quelques copines que j'avais, histoire de ne pas être totalement coupée du monde. Le calvaire : des gens qui ne me regardaient pas (parfois on ne me demandait même pas mon prénom..) ou avec dédain (quand j'essayais tant bien que mal de participer à une conversation, on n'en avait rien à faire). De grands moments de solitudes donc, de transparence, qui m'ont vraiment fait du mal et m'ont incitée à me mettre en retrait. De toutes façons, comme "je n'existais pas" ça n'a pas été difficile.

Il y a quelques années j'ai animé des visites de musées et autres monuments en tant que guide conférencière. Ce n'était pas ma tasse de thé, toujours gênée par le regard que l'on pouvait porter sur moi. Actuellement, je travaille "dans l'ombre" et ça me convient très bien. Je n’aime pas me mettre en avant : je fais de la danse, je suis plutôt douée et ma prof voudrait que je participe aux spectacles mais c’est hors de question.
En "société", cela va un peu mieux tout de même, récemment j'ai passé quelques bonnes soirées en compagnie de gens intelligents et ouverts. Je progresse…lentement…. Par contre, quand je suis en présence d’un homme qui me plaît, je n’en parle pas…

Je pense que pour le petit garçon dont il est question dans ton post, il faut à tout prix qu’il se sente valorisé, c'est vraiment la clé. Tu l’as dit, les gamins ne se font pas de cadeaux, ça a toujours été ainsi mais il me semble quand même que cela prend une ampleur inquiétante (j’entends de plus en plus autour de moi des cas d’intolérance envers les bons élèves). Tritania a parlé du théâtre. Je pense également que c’est vraiment une bonne idée. Toute activité « artistique » peut être bénéfique mais il est vrai que le théâtre a de réelles vertus car c’est une activité collective dans laquelle chacun joue un rôle, le théâtre mobilise aussi bien le corps que l’esprit, et puis ça peut avoir un côté festif tout à fait réjouissant. Quoiqu’il en soit, j’espère vraiment que ce petit garçon va aller mieux et qu’il parviendra à sourire sur la photo de classe de l’an prochain ! :)
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Re: D'où vient notre timidité ?

Messagede Apex » Mer 20 Jan 2010 03:29

En effet, à présent, je n'oserais plus faire du théâtre, par peur d'avoir à jouer une scène de séduction, une situation amoureuse…


Je serais tenté de dire que tu tiens là, peut-être, un début de solution. Le théâtre comme lieu idéal pour se mettre dans les pires situations qui soient, sans que cela ait le moindre impact.
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Re: D'où vient notre timidité ?

Messagede Lorryn » Dim 18 Avr 2010 21:42

Laetitia et Bonbenbof, vous avez vraiment des familles monstrueuses ! :O
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Re: D'où vient notre timidité ?

Messagede Espoir78 » Lun 26 Avr 2010 14:07

Lorelei a écrit:Avec le collège, est bien sûr venue l'adolescence. J'étais grande, dépassais en taille les garçons et je me trouvais très laide. Evidemment, les garçons ne s'intéressaient pas à moi mais ça me semblait tout à fait justifié.


Moi c'était en primaire que j'étais dans les plus grandes et tout le monde se moquait de moi. Ca s'est tassé avec l'âge et finalement et la venue de mes première règles est venue freiner ma croissance.Et je suis finalement de taille moyenne. Au collège et au lycée, les garçons ne s'intéressaient pas à moi non plus. Et comme j'étais en surpoirds, forcément, ça ne m'aidait pas. Aujourd'hui, ceux qui me plaisent ne s'intéressent toujours pas à moi, car je suis incapable de les séduire, car j'ai toujours cette peur éternelle d'être rejetée et de ne pas leur plaire.

Lorelei a écrit:Mais lorsqu'il s'agissait de s'investir dans des exposés ou du théâtre, j'étais toujours partante, prête à faire un tas de choses originales. J'étais paradoxalement bien plus extravertie au collège et au lycée que maintenant.


Moi j'ai fait du théâtre à l'école primaire : ateliers théâtre tous les mardis après-midi et deux semaines de classes de théâtre à Bordeaux. C'était une initiative du psychologue scolaire pour aider les plus timides de l'école. Nous étions un groupe de 8. Par la suite, j'en ai fait au lycée et à la fac en dehors de l'établissement.

Lorelei a écrit:Puis je suis venue faire mes études à Paris. La 1ère année, je me suis fait des "amis" en prépa mais ensuite, chacun a suivi un cursus différent. Je me suis vite retrouvée isolée. Pendant des années, je me suis forcée à aller aux soirées organisées par les quelques copines que j'avais, histoire de ne pas être totalement coupée du monde. Le calvaire : des gens qui ne me regardaient pas (parfois on ne me demandait même pas mon prénom..) ou avec dédain (quand j'essayais tant bien que mal de participer à une conversation, on n'en avait rien à faire). De grands moments de solitudes donc, de transparence, qui m'ont vraiment fait du mal et m'ont incitée à me mettre en retrait. De toutes façons, comme "je n'existais pas" ça n'a pas été difficile.


Ca c'est épouvantable comme situation. Il m'arrive encore la même chose aujourd'hui, surtout dans ma famille ou quand je viens travailler au siège qui est basé à Paris. En l'absence de mon collaborateur, je dois malheureusement y retourner mercredi. Ca ne m'enchante pas, mais bon.

Je connais trop cette situation. On se sent méprisé, diminué, rabaissé, délaissé, abandonné. On a l'impression que le monde entier nous ignore. Moi aussi, cela m'a encouragée à vivre pour moi et me mettre en retrait. Hier encore, je suis sortie toute seule.


Lorelei a écrit:Ce n'était pas ma tasse de thé, toujours gênée par le regard que l'on pouvait porter sur moi.


Moi aussi il m'arrive encore d'être gênée parce regard des autres, à force des réflexions désobligeantes ou bien de mépris et d'ignorance d'autrui. On finit par penser que le problème vient complètement de nous.

Lorelei a écrit:En "société", cela va un peu mieux tout de même, récemment j'ai passé quelques bonnes soirées en compagnie de gens intelligents et ouverts. Je progresse…lentement…. Par contre, quand je suis en présence d’un homme qui me plaît, je n’en parle pas…


Moi aussi, je me sens progresser, dans la mesure où je "(ré)apprends" à me regarder avec mon propre regard. Je ne cherche plus l'approbation d'autrui et j'essaie d'être un peu plus indépendante par rapport aux autres. Cet apprentissage m'aide indéniablement à me sentir mieux peu à peu. Par contre, c'est toujours la même chose, face à un homme qui me plait. Mais je pense qu'à terme, ça changera, car je sens que je tiens le bon bout.
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Re: D'où vient notre timidité ?

Messagede Tristan » Mar 27 Avr 2010 13:05

Pour ma part, situation familiale un peu lourde (parents hyper-angoissés chacun dans leur genre et "trop" sur moi, angoisse qui a décuplé avec les soucis de santé de mon frère), qui fait que je n'ai jamais pu vraiment leur dire tout ce que j'avais sur le coeur, pour ne pas "empirer" la situation et parce que ma mère fuit toutes les discussions qui pourraient la mettre en cause, ne serait-ce qu'à hauteur de 0,01%. Elle sait que j'ai mal vécu toutes ces années, mais en raison de son propre malheur (immense, c'est vrai), elle n'est absolument pas réceptive. "T'as qu'à faire du sport" a été pratiquement sa seule réponse toutes ces longues années (et même encore !) Et nos discussions restent quasi-exclusivement anodines (ménage, rangement, boulot...)

+ plus jeune de la classe un bon moment (le premier de la classe qui lit des bouquins au lieu de jouer au foot, qui a des chemises moches choisies par sa mère et à qui on a envie de foutre des tartes tout le temps, c'était moi !)

je pense que rien que ces deux facteurs, ça a beaucoup joué.
Tristan
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