L'impact de l'enfance sur la VT

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L'impact de l'enfance sur la VT

Messagede Lilith » Lun 13 Déc 2010 21:37

J'ai pu remarquer que plusieurs personnes semblent avoir vécu une enfance compliquée. Créer un topic sur le sujet pourrait être intéressant... Ça pourrait déboucher certains complexes qui nous empêchent un peu d'avancer.

Alors je commence... Je viens d'une famille de quatre enfants. Un frère et une soeur plus âgés et un frère "jumeau". Jumeau entre guillemets, parce qu'on partage simplement la même date d'anniversaire. On a une relation difficile, encore aujourd'hui. Impossible de nous laisser plus de deux jours seuls, car il y a de bonnes chances que les murs s'emplissent de sang! On nous a souvent fait comprendre que cette grossesse était imprévue, que c'était un accident et que ma mère n'était pas loin d'opter pour l'avortement.. Génial! À partir de l'âge de trois-quatre ans, j'ai très peu de souvenirs avec mon père (faites un calcul rapide... rares sont ceux qui se rappellent de leurs souvenirs lorsqu'ils étaient bébés). Mes parents ne vivent plus ensemble depuis assez longtemps. Donc, très peu de présence paternelle. Mon grand frère était en quelque sorte mon seul modèle masculin. J'ai une relation très (trop) fusionnelle avec ma maman. Pour être franche, j'ai reçu beaucoup plus d'amour et d'attention que mon frère jumeau de sa part. J'étais le "chouchou", toujours surprotégée... Encore aujourd'hui, j'ai beaucoup de difficulté d'agir sans son consentement.

À l'école, je dois avouer que j'étais très populaire. J'étais belle, excellait en sport, sociable, gentille, futée... Mais en même temps, je n'ai jamais été mesquine. J'étais l'enfant qui n'excluait personne et qui allait vers les plus timides. L'école primaire a été -jusqu'à maintenant- la plus belle période de ma vie. Ensuite, à l'école secondaire, bien que je n'étais pas aussi populaire, je me suis toujours bien entendu avec tout le monde et j'avais un bon cercle d'amiEs (j'allais dans une école majoritairement féminine).

Mon problème principal, même si ça m'a pris du temps à le réaliser, c'est ma situation familiale. J'aurais aimé avoir une famille classique, sans problèmes. On dit souvent que la relation avec le parent du sexe opposé détermine le type de relations amoureuses qu'on aura. Certains disent aussi que l'enfant expérimente la relation amoureuse avec ce parent. Dans mon cas, étant donné ma relation quasi-inexistante avec mon père, j'ai beaucoup de difficulté à charmer. De plus, je semble être attirée vers les hommes légèrement plus âgés, peut-être pour combler mon "manque affectif".
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Re: L'impact de l'enfance sur la VT

Messagede Rocher » Mar 14 Déc 2010 20:08

Salut Lilith,

Moi, j'ai toujours vécu et ressenti ma famille comme une menace, des gens auxquels je ne peux peux pas me confier car ils n'ont pas la sensibilité, le tact et le sens des responsabilités: biologiquement, ils étaient mon père et mon grand frère, symboliquement, ils ne l'étaient pas. C'étaient juste des corps animés que j'étais forcé de cotoyer mais qui m'ont traumatisé.

Ils m'ont castré psychologiquement et formaté faisant de moi un sous-homme. Quelqu'un biologiquement doté d'un phallus mais qui symboliquement n'a pas la force sexuelle nécessaire à la sexualité d'homme. Je me suis toujours senti inférieur. La sexualité féminine a longtemps été une abbération pour moi dans le sens ou il était inconcevable qu'une femme puisse éprouver du désir pour moi. Si elle le faisait, je la haissais car je savais que que je serais inapte à la satisfaire donc je préferais tout renier. Un déni de la sexualité presque inconscient. Le sentiment que la sexualité est un privilège accordé à une caste de gens dont je suis exclu à vie, condamné au rôle de spectateur frustré ruminant dans son coin.

A cause de ces rapports familiaux infernaux, je me suis construit un personnage renfermé pour ne pas avoir à réveler les effets de mon enfance dont j'ai honte à autrui. Du coup, il m'est extrêmement difficile de m'ouvrir à autrui. Je le ressens très fort aujourd'hui, je suis incapable de faire le premier pas vers quelqu'un même pour faire ami ami avec un homme. Bien que j'en crève de solitude, j'ai perdu la fibre sociale. Elle n'est pas morte mais comme dans un sommeil millénaire.
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Re: L'impact de l'enfance sur la VT

Messagede Hiladius » Mar 21 Déc 2010 14:25

Message pour Rocher (mais pas que évidemment....), ton témoignage me touche parceque ressamblant à mon passé malgré quelques différences sur les événements qui m'ont amené à la situation dans laquelle je suis, je te propose pour mieux comprendre nos cas, de lire cet article très intéressant, tu y trouveras sans doute réponses et solutions. Voici le lien : http://www.lahonte.org/5.html
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Re: L'impact de l'enfance sur la VT

Messagede Rocher » Mar 21 Déc 2010 18:13

Merci pour ton lien Hiladius,

Se libérer de la honte, c'est ce dont je parle indirectement avec ma psy. Ca fait chaud au coeur de lire des textes qui vous permettent d'accepter votre souffrance.

Par curiosité: Je ne te force à rien mais pourrais-tu parler de ton parcours personnel étant donné que tu le compares au mien?
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Re: L'impact de l'enfance sur la VT

Messagede Hiladius » Mar 21 Déc 2010 23:56

Heureux de l'entendre (lire plutôt :D) Rocher,j'espère en tous cas que cela t'as aidé.

Pour résumer mon parcours personnel: Je suis l'aîné d'une famille de deux enfants,père absent mais présent physiquement, obnubilé par son travail et par son passé ce qui fait qu'il a totalement raté les moments présents,ma mère d'une immaturité déconcertante, culpabilisante et castratrice, c'est surtout cette dernière qui en quelque sorte détruisit ma masculinité et,peut-être inconsciemment,castré psychologiquement,elle voulait me façonner selon son image,m'empêchant d'affirmer ma personnalité,voyant en cela un signe d'insubordination,voulant tout contrôler,créant en moi sentiment d'infériorité,de honte et trouble de l'estime de soi. Parfois, j'ai l'impression de parler à une gamine de 2 ans,parcequ'elle même dernière d'une famille de 8 enfants, ayant des grands frères de 20 ans son aîné, je pense qu'elle ait grandi dans cette optique de petite fille gatée, restant dans les jupes de sa maman (grand-mère décédée récemment),elle ne veut pas grandir,je lui ai fait plusieurs fois la remarque, me répondant toujours de la même manière :"J'aime bien rester naïve",boudant dans son coin lorsqu'elle est contrariée. Elle ne sait rien de ma vie,impossible de parler avec elle maturément, alors je me tais et me terre dans mes pensées.

Je me suis laissé aller,ce n'est qu'un résumé..... :boulet:, voilà comment je me sens, enchaîné, mais attendant cet espoir venu d'ailleur,plutôt loin du fonds des abysses de mes rêves et pensées.

Qu'en penses-tu Rocher?
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Re: L'impact de l'enfance sur la VT

Messagede Lisa » Dim 26 Déc 2010 23:57

Vous me faites aussi penser à mon enfance par certains aspects.
Un père absent mais géographiquement là, sévère, une mère dépendante affective comme moi et moi, au milieu, fille unique, bien rangée dans un coin, ne manquant de rien matériellement mais seule, réfugiée dans mon p'tit monde idéal, puis ensuite dans de très longues études.

Mes parents absorbés par leurs passions communes dans le domaine associatif, je les suis au départ, bien obligée car je suis trop petite pour rester seule. Je m'endors lors des réunions, je m'amuse un peu lors de manifestations ou d'expos, mais je suis toujours dans mon coin. Pas de sorties "spéciales" pour moi, pour me faire plaisir, dans les parcs d'attractions ou autres.

Puis ensuite je grandis, je suis assez grande pour rester seule. Mes parents ne veulent pas que je sorte comme les autres ados, ma mère super inquiète, qui contrôle tout, dramatisant tout ; mon père toujours obnubilé par ses activités bénévoles, avec ma mère qui le suit. Alors je suis à la maison, dans mon monde, toujours, refugiée dans mes études, dans la peinture, un peu et toujours seule.
J'ai l'impression que j'ai passé mon temps à les attendre.
Pas de rébellions d'ados, suis restée trop sage. Ma seule rébellion a été contre moi puisque j'ai fait plus d'un an d'anorexie mentale, frôlant à la fin l'hosto.

Je suis devenue une demie-femme, pas capable de se trouver un homme, manquant de de confiance pour tout, ayant peur de tout et développant ces derniers temps des angoisses horribles et de plus en plus fréquentes, sûrement dûes au fait que le mec dont je suis amoureuse vient de se caser et est très heureux. Toujours des amours impossibles, avec des mecs improbables et plus les années passent, plus ça devient problématique.
J eredoute maintenant mon anniversaire car ironiquement, il tombe le 14 février, forcément pas de pot jusqu'au bout . Là je me dis qu'il faut absolument que je trouve un truc à faire ce jour-là pour ne pas penser toute la journée à ce mec et à sa sublime copine et leur histoire géniale !
Plus il est heureux, plus mes angoisses par rapport au couple, à l'amour se développent.

Bref, je commence à entrevoir gra^ce au psy les raisons anciennes qui ont causé cette VT, j'évolue par rapport à ma mère, car elle seule reste, mais la VT devint de plus en plus encombrate et complexante. J'ai l'impression de me retrouver comme à l'école, où tout le monde se moquait de moi parce que j'étais obèse.

Les parents, mais aussi les autres ont annihilé ma confiance en moi et ont provoqué une angoisse de la nudité et des contacts physiques. ça fait des anées que même amicalement, personne ne m'a prise dans les bras. J'ai des amis, heureusement, mais ils ne sont pa stactiles comme moi, mais eux sont en couple ou ne sont pas vierges. Rien que d'écrire le mot "couple" me met mal à l'aise ! En ce moment, je débloque ! C'est pas la joie !
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Re: L'impact de l'enfance sur la VT

Messagede Lilith » Mar 28 Déc 2010 23:55

Rocher a écrit:Salut Lilith,

Ils m'ont castré psychologiquement et formaté faisant de moi un sous-homme. Quelqu'un biologiquement doté d'un phallus mais qui symboliquement n'a pas la force sexuelle nécessaire à la sexualité d'homme. Je me suis toujours senti inférieur.

A cause de ces rapports familiaux infernaux, je me suis construit un personnage renfermé pour ne pas avoir à réveler les effets de mon enfance dont j'ai honte à autrui. Du coup, il m'est extrêmement difficile de m'ouvrir à autrui. Je le ressens très fort aujourd'hui, je suis incapable de faire le premier pas vers quelqu'un même pour faire ami ami avec un homme. Bien que j'en crève de solitude, j'ai perdu la fibre sociale. Elle n'est pas morte mais comme dans un sommeil millénaire.


Tout ce que tu décris est super intéressant, mais un peu vague. Je suis un peu curieuse de savoir en quoi ton père et ton frère t'ont castré psychologiquement? Comment était la relation avec ta mère?

Lisa a écrit:Pas de rébellions d'ados, suis restée trop sage. Ma seule rébellion a été contre moi puisque j'ai fait plus d'un an d'anorexie mentale, frôlant à la fin l'hosto.

Moi non plus, je n'ai jamais eu de crise d'adolescence. Par contre, j'ai toujours été un peu "bébé". Bref, aucune différence de comportement entre l'enfance et l'adolescence. J'espère que tu es définitivement débarassée de tes troubles alimentaires. Je viens d'une famille qui est prête à faire beaucoup de sacrifices pour sauver les apparences. Aussitôt que je prends une 1 livre (je fais 100-105 lbs pour 5 pi 4... ça dépend des jours), ma mère ou ma soeur me le reproche assez fermement. Je ne suis pas du tout anorexique, mais l'idée d'engraisser m'angoisse. Je suis du genre à courir, marcher plutôt que de prendre le métro, réduire mes portions pour garder mon poids stable... Je suis assez compulsive (perfectionniste, a besoin d'avoir du contrôle)...
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Re: L'impact de l'enfance sur la VT

Messagede Rocher » Mer 29 Déc 2010 00:36

J'ai masturbé mon frère dans le noir vers mes 8 ans. Nous faisions chambre commune et avions l'habitude de piquer les cassettes pornos de mon père. Mon frère mimait une éjaculation puis disait "ho regarde tu en as dans les cheveux". En érection, il mesurait son sexe avec une règle, me demandait de m'approcher pour que je mesure le mien et il tapait mon sexe avec la règle pour s'amuser. Il voulait aussi me pénétrer l'oreille pour "voir ce que ça faisait". Une nuit, il s'est invité sous mes draps pour que je le masturbe de la main gauche alors que j'avais la tête posée sur sa hanche juste à côté de son sexe, je n'ai pas su lui dire non à l'époque, je n'avais même pas 10 ans. Pendant des années et des années, je l'ai entendu se masturber dans son lit à quelques mètres du mien alors qu'il me croyait endormi. J'étais son souffre douleur étant gosse, ca m'a formaté à pas savoir me défendre et accepter le fait d'être dévalorisé, humilié, d'être en quelque sorte la "salope symbolique".

Mon père pouvait être hyper strict, violent et pervers verbalement, dominateur, macho mais aussi se comporter comme le voisin de camping sans gêne. Il disait devant ma mère que pour Noel il m'acheterait des K7 porno avec des lesbiennes. Ma mère s'indignait mais laissait faire, trop soumise de mentalité. Il se saoulait, sortait son album photo de jeunesse et me montrait des photos de ses copines qu'il a baisé, me racontait où et comment, il draguait des femmes de son âge devant moi avec une aisance et une assurance ridicule tel le macho cliché qu'on voit dans les films, pire qu'Aldo Maccionne mais le pire c'est que parfois il réussissait. Pour mes 18 ans, il voulait m'emmener au bordel, expliquant fièrement qu'il y a une bonne ambiance et que tout le monde y a la queue à l'air, d'ailleurs quand il sortait de la douche, il traversait l'appartement nu jusqu'à sa chambre; une fois ma mère s'en est indigné et lui lui a montré son cul et écarté les fesses en disant "Tiens regarde, je me suis même nettoyé la raie du cul". Vers 20 ou 21 ans, j'avais un physique à la Harry potter, on voyait clairement rien qu'à ma tête que j'étais VT. Et lui a dit devant toute la famile à haute voix: " Ha Rocher, Rocher, il serait temps que tu trempes ta queue dans une chatte". Ou pour mon déménagement "Ha zut, t'es tout seul je croyais que t'avais invité des copines pour une partouze et que tu m'aurais fait participé".

Ces deux là étaient envahissant, je n'ai jusqu'à il y a peu de temps eu aucun espace d'intimité chez moi. Tous 2 rotent, pètent et jurent à haute voix, pissent et chient la porte ouverte, sont de vrais porcs, mais je n'ai jamais eu la force de leur faire une remarque la dessus, notamment car pour moi ils ne font plus parti de ma famille et sont irrécupérable, donc mon silence est juste une marque de mépris et d'indifférence pour 2 personnes qui certes ont pas eu une vie facile mais ont très largement pourris la mienne. J'ai du aller voir une assistante sociale pour avoir une chambre étudiante tellement je n'avais qu'une idée en tête: leur planter une hache dans le crâne.

Ils s'engueulent constamment pour des conneries dans des joutes verbales violentes et ridicules , des combats de cocs sans contenu pour savoir qui aura le dernier mot. Ils sont tous 2 de brillants exemples de misère culturelles et intellectuelles et d'échec scolaire et sociaux. Ils représentent la virilité dans ce qu'elle a de plus pathétique et dont j'ai voulu me protéger par souci de survie mentale.

J'ai encore un paragraphe à poster. Merci.
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Re: L'impact de l'enfance sur la VT

Messagede mirrio » Mer 29 Déc 2010 09:37

et moi qui pensait avoir eu une enfance difficile :( ,continu rocher
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Re: L'impact de l'enfance sur la VT

Messagede Rocher » Mer 29 Déc 2010 14:57

Merci Mirrio. J'avais encore écrit ça hier soir:

Mon enfance a été un viol mental perpétuel. J'étais le petit ange que les 3 autres batards de diable ont instrumentalisé juste pour avoir le dessus sur l' autre. J'ai toujours été entouré, de cris, de magouilles, de violence, de disputes, de pleurs, de misères sous toutes ces formes, j'ai passé des heures à la cave, au grenier au garage dans le froid à ne rien faire, même pas penser,simplement parce qu'il y faisait meilleur vivre que dans ma chambre ou le salon. J'ai été éduqué par de grands enfants cruels sans valeurs ni sens de la pédagogie qui m'ont parallèlement déifié et mis sur un pied d'estale par mon innocence alors que j'aurais voulu des vrais parents avec de l'esprit, des valeurs, le sens des responsabilités, un minimum de lucidité et l'aptitude à être dur avec moi quand il le faut pour m'inculquer des principes et non pas être m'en-foutiste les 3/4 du temps et terrorisants sans s'en rendre compte.

L'union de mes parents n'a objectivement rien crée de bien sous tous les plans, que des désastres; hors mes parents m'ont également crée, moi, donc je suis aussi un désastre. Le fruit de la haine, le fils de la mort. Un cancer sorti d'un utérus. Une tumeur avec un coeur qui bat.

-- Mer 29 Déc 2010 14:57 --

Lilith, tu peux aussi lire ma présentation, j'en parle un peu aussi: presentation/topic1503.html
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