), j'avais été plutôt couvé par ma mère, en plus j'entrais en prépa, qui n'avait pas la réputation d'être de la franche rigolade. J'ai passé les premiers mois dans l'angoisse et je pleurais régulièrement au téléphone. Et puis il y a eu des classes de neige...Finalement, j'ai vécu sept ans à Bordeaux, ville qui a ses défauts mais que j'aime bien, puisque c'est là où j'ai découvert l'amitié et où j'ai été vraiment heureux et, disons, "épanoui" pour la première fois. J'ai rencontré des gens qui m'acceptaient pour ce que j'étais, des gens qui comprenaient mes goûts et mes envies, et parfois même les partageaient. J'ai migré sur Paris à 24 ans pour mes stages, et j'y ai galéré trois ans avant de trouver un "vrai boulot". Mes parents m'ont soutenu tout ce temps, sans jamais faillir, ce pour quoi je ne les remercierai jamais assez. Et j'ai encore des amis que je me suis faits il y a quinze ans à Bordeaux.
Dans mon cas, le départ a été salutaire, pas tant pour fuir mes parents que parce que je n'étais pas fait pour la petite ville dans laquelle j'ai grandi. Très basiquement, j'ai besoin d'une Fnac, j'ai besoin de cinémas, j'ai besoin de théâtres, et j'ai besoin d'amis qui aiment ça aussi. Aujourd'hui, avec Internet, ce serait peut-être possible, mais à l'époque, si tu n'aimais pas le foot, la bière et la baston, tu ne pouvais pas t'épanouir dans le contexte ouvrier provincial dans lequel j'ai grandi. Et je ne me plains pas trop, je ne suis certainement pas celui qui en ai le plus souffert.