Ha mais non ! Toutes les vierges tardives ne sont pas grosses : je mesure 1m76 pour 61kg, on peut donc considérer que je suis grande et mince mais je ne suis ni géante ni maigre.
J’ai eu moi aussi mon lot de railleries. Adolescente, j’étais évidemment plus grande que mes camarades. Je détestais le sport. Et les profs d’EPS, qui avaient assurément eu leur diplôme dans un paquet Bonux, me disaient "Tu es grande, tu devrais être bonne en saut en hauteur". Ha, j’aime bien ça : "devrais", du verbe "devoir" : mais en quoi bien sauter en hauteur quand on est grande relève d’un "devoir" ??? Ben non, j’étais nulle en saut en hauteur (entre autres) et j’en rajoutais pour les faire enrager (genre : au moment de sauter, je m’asseyais sur la barre…). Autre exemple, j’aimais bien la gym (gym au sol, poutre…), j’ai commencé à en faire dans une petite association de quartier. Au bout de quelques semaines, la prof m’a dit que j’étais trop grande pour la compétition et que donc ça ne servait à rien que je continue. Compétition ? Elle est bien bonne… Par la suite, pour avoir vu son équipe à l’œuvre dans des compétitions régionales, j’ai admis qu’elle avait raison : elle n’avait en effet pas besoin de moi… pour être ridicule ! Il n’empêche que sur le coup, ça ne m’a pas fait plaisir.
Pendant longtemps, je me suis très mal tenue, j’étais donc voûtée. Le yoga a eu des effets spectaculaires : je suis passée directement du stade de l’australopithèque à l’homo erectus !

Je me tiens mieux, c’est vraiment plus agréable et ça me permet de mettre des talons. Ce "redressement" m’a également permis de faire des progrès en danse.
Au final, je commence à bien l’aimer mon corps, doucement je me libère de mes complexes physiques en espérant quand même devenir, un jour, un peu attirante aux yeux des hommes… S’il est vrai que l’acceptation de soi entraîne l’acceptation par les autres, un petit coup de main "extérieur" est quand même toujours le bienvenu et ne peut être que bénéfique. Fichu cercle vicieux…
Pour finir, Steph, j’aurais bien du mal à répondre à tes questions (sont-elles encore vierges parce qu'elles ont du mal à s'accepter physiquement ? Un complexe physique en est-il la cause ou simplement la manifestation d'un trouble ou un malaise plus profond ?). Il y a plusieurs cas de figures, il y a des filles qui ont eu des occasions qui ne se sont pas concrétisées, elles peuvent expliquer pourquoi et si c’est de leur fait, définir le rôle éventuel de leur complexe physique dans cet échec. Mon cas est différent et il m’empêche de répondre à ta question. Le fait d’être vierge à 30 ans est finalement pour moi "secondaire" (je mets bien des guillemets). Chaque chose en son temps. Ce qui me fait souffrir, c’est de ne jamais avoir eu une seule occasion. Le néant. J’aimerais savoir pourquoi les hommes ne s’intéressent pas à moi ou ne me font jamais de compliments. J’essaie cependant de progresser, de m’accepter davantage mais je n’ai pas de repères. J’avance seule, en aveugle… en espérant néanmoins que je suis sur la bonne voie et qu’après les surplombs, en haut de la montagne, il y a un homme qui me prendra dans ses bras pour me faire un câlin.