Je n'en peux plus.
Le "bientôt 25 ans et toujours rien" commence à se faire cruellement sentir !
J'ai l'impression de n'avoir vécu que par rapport à ma famille, à faire semblant d'aller bien pour qu'ils ne s'effondrent pas trop pendant leurs dépressions, pour les maintenir en fait... Là , ils ont l'air de se stabiliser... d'aller mieux, même... et c'est moi qui m'écroule.
Parce que j'ai fui la vie dans mes études. Parce que la dépression continue de ma famille depuis des années a phagocyté mon moral à moi. Parce que je ne vis que d'illusions.
Et puis, je n'en peux plus.
Rester quelques mois avec une fille avec qui il ne se passe jamais rien parce qu'elle est aussi timide et plus déprimée que moi, pour presque dire "d'avoir quelqu'un pour qui on compte un peu", tomber amoureux d'une Italienne qui aime un autre Français et qui repart avec lui chez elle, tomber amoureux d'une comédienne parisienne que je n'ai pu voir que trois fois une demi-heure en six mois, tomber amoureux de ma partenaire de danse et la laisser partir sans rien dire à la fin du cours parce qu'elle a 17 ans et que ses parents viennent la chercher...
Voilà une vie bien pathétique.
Et je commence à me sentir un peu "en dehors"... à avoir fui dans mes études pour éviter les dépressions, j'en ai oublié les soirées entre copains, je n'ai pas eu de vacances, et niveau relationnel eh bien... ça reste en surface. Ma vie me semble tellement peu intéressante, de toute façon. Alors qu'elle impressionne certains, quand je parle de ce que je fais... de ce que j'ai fait, disons. J'ai du mal à me persuader que ma vie est positive, là .
Et puis, aller au théâtre tout seul, aller au cinéma tout seul, voir des films qui parlent de couples, d'amour, de vie, quoi, et être spectateur, toujours, sans rien faire...
C'est terrible, j'ai l'impression d'être un vieux célibataire, veuf ou divorcé, sans être passé par la case "jeune"... De n'avoir profité de rien. Et pire, j'ai déjà peur de la maladie, de la mort, de l'accident, de finir avant d'avoir commencé.
Et pour saupoudrer le tout, une angoisse qui commence à poindre : la fin des études qui approche alors que ces mêmes études - bien que passionnantes - ne mènent à rien du tout.
Enfin bref. Je n'en peux plus.
Je suis détruit.
Il serait temps, je crois, que je voie, enfin, un psychologue.


