Salut à tous, compagnons du désert, je suis tombé sur le forum depuis plusieurs mois déjà en tant que simple lecteur épisodique, où j'ai trouvé que mon histoire se révélait finalement semblable aux divers témoignages des membres inscrits. Pourquoi je me suis inscrit? Parce que je suis dans une démarche active de régler mon problème de timidité par l'affirmation de soi. Je vais avoir 37 ans samedi prochain, je vis à Bordeaux et je bosse dans l'aviation civile: professionnellement et matériellement ma vie est réussie, sentimentalement et affectivement c'est l'accident industriel...Rien. J'ai fais une dépression à la fin de l'été dernier qui m'a conduit à agir concrètement pour résoudre mon mal être, je suis allé voir une psychologue, après les séances individuelles j'ai suivi un groupe d'affirmation de soi, pour dix séances, il y a du mieux mais c'est à moi maintenant d'agir. Je vais faire un parallèle avec un accident de ski subi il y a trois ans : je pars en WE ski avec des potes, je n'avais jamais appris à skier, c'était le première fois (j'avais déjà un peu pratiqué en 2002), sitôt descendu du télésiège je commence à prendre de la vitesse, perd le contrôle et me bousille très méchamment le genou: WE foiré, irm rééduc. L'année suivante je décide de prendre deux heures de leçon en individuel, et là le déclic se produit, je controlais ma vitesse mon équilibre, en 3 4 WE j'ai pu aborder les pistes rouges puis noires avec des bosses, la morale c'est qu'une blessure physique due à une absence d'apprentissage m'a conduit à me prendre en main pour transformer cet échec en réussite. Je fais de même avec la dépression subie et ma prise en main pour enfin être un mec "normal".
Pourquoi cette déprime? En 2002 après une maîtrise de physique et le service national je suis entré dans une école à Toulouse, il y avait une fille dans la promo qui est devenue un bon "pote" déconneuse, on à constitué un bon groupe qui m'a permis de m'extérioriser de faire pas mal d'activités, puis à l'issu de la scolarité j'ai choisi d'être affecté à Bordeaux, fini la fête, les collègues tous casés, durs à bouger, c'était boulot dodo...Je me suis enfermé dans une vie automatique. puis en 2008 cette copine quitte le Nord et postule dans mon service, ça été une énorme bouffée d'oxygène, elle est hyper dynamique, je me suis lancé dans le roller, le kite surf, le parapente, le brevet de pilote, le ski, j'ai rencontré ses copines, des potes en communs, les concerts ma vie sociale s'enrichissait, comme une boule de neige, puis fatalement vivre au quotidien avec elle m'a fait développer des sentiments plus forts que l'amitié, car elle me plaisais, et devenais jolie, élégante, l'envie de lui prendre la main, de la prendre dans mes bras, c'est je pense une réaction normale, sauf que jusqu'à présent j'avais fait des tentatives à la fac très maladroites indirectes, douloureuses, donc je n'ai pas pu lui dire ce que je ressentais, j'ai craqué en lui révélant par écrit ma situation de vierge complet, qu'elle me plaisais (à titre informatif), c'était en fait un coming out que je jugeais opportun à ce moment, elle est la seule à connaitre officiellement mon état, ensuite j'ai sombré dans la dépression. Il fallait que cesse cette situation d'usurpation, non je n'étais pas un super pote pas sérieux, bon vivant, blagueur, casse cou avec ses bagnoles sa moto son avion , mais un puceau hyper timide avec les filles, ignorant les codes de la séduction, jouant le type épanoui devant les parents pour les rassurer, je refusais mon état dépressif grandissant avec l'age jusqu'à l'accepter et donc le traiter.
aussi loin que je me souvienne je n'ai eu de témoignage direct d'affection par mes parents, le sexe les sentiments c'était honteux, ma mère décidait à ma place, je suis le dernier j'ai trois soeurs mais les liens familiaux se sont distendus, je vais pas en ajouter une couche avec mon cas.

