Gzmille, la Télévision qu’est-ce donc ? L’essoreuse des consciences … peut-être ?
Il m’est très difficile, impossible en fait, de me faire une idée par la télévision, de la léthargie ou non de l’art, étant donné que nous entretenons une relation platonique.
Des perles actuelles, certes, l’abondance d’une créativité musicale qui serait supérieure à l’effervescence d’antan, j’en doute. En effet, si la créativité musicale est si pléthorique, pourquoi le quidam est-il incapable de me définir un courant culturel et artistique qui traverserait cette créativité musicale ? Les années 50, 60,70 : la naissance du rock puis de ses dérivés, actuellement, peut-on considérer le rn’b comme tel ? Assurément non, ou alors suis-je un acouphène qui s’ignore.
Si d'aventures, tu as des noms de groupes à partager, nous sommes tout ouïe.
A l’échelle mondiale, il existe encore –dieu merci- des artistes qui, grâce aux nouvelles technologies de communication, parviennent à se faire un nom sans passer par la case formatage de l’industrie musicale.
Au fond, la production artistique de cette industrie, dont l’objectif mercantile est naturel, n’a jamais été aussi fordiste … la créativité musicale ressemble davantage à une production en séries de modèles mélodiques qu’à la recherche d’une diversité, d’une innovation musicale comme ce fut le cas pendant les années 50, 60,70 et ce, même si les Brassens, Ferré, Brel connurent eux aussi les affres et les refus de ces producteurs …
Alors, oui, sans doute que l’aisance technologique facilite la construction d’un projet mais, cette commodité ne s’est-elle pas accompagnée du sentiment que l’Art est à la portée de tous ?
Peut-être, est-ce là , le drame artistique du monde moderne, la confusion entre l’épanchement de ses pensées, de ses émotions sur un support artistique et la considération de cette production en tant qu’œuvre d’art.
Ainsi, l’art serait devenu l’apparat consumériste et productif du quidam, peut-être faut-il chercher dans ce cancer, l’origine de l’esprit lucre et de l’individualisme chez les jeunes …. et moins jeunes car nous n’avons pas encore le monopole du symptôme du mouton et mutin de Panurge.
Certes, les jeunes sont résignés, le contexte ne nous porte pas vraiment –à raison, je pense- à l’optimisme, l’idéal ? Quel concept étrange et sibyllin à l’heure où les parangons vertueux nous abreuvent de la « vérité », leur sainte parole constituant le dogme idéal où il fait bon vivre, la crèche libérale ou la transsubstantiation des agences de notation transformant les aspirations humanistes et égalitaires des peuples en profit et rentabilité du christ capitaliste.
Quel mouvement politique porte encore aujourd’hui un idéal ? Au mieux, sont-ce des cris de désespoir, la société, elle, vivote de populisme en poujadisme sans évoquer jamais l’humanisme, perdu dans le tourment du jeu politique … alors, peut-on vraiment reprocher aux jeunes de manquer de flamme quand le glacial cynisme des temps modernes prend soin de nous conditionner à l’hibernatus des idéaux ? Je vous laisse juge.
Mon propos manque peut-être de clarté mais l’enveloppe brumeuse et humide qui voile ce soir mon cerveau, ne constitue pas le meilleur allié de l’expression écrite.
