Je voudrais simplement que tu aies un peu plus d'humilité par rapport aux propos qu'ont tenus les autres avant toi. De balancer cash "que d'amalgames et de visions binaires", ça me parait un peu malvenu.
Moi, je n'aime pas trop qu'on juge de mes intentions comme tu l'as fait. Mais, j'ose voir en ces premières lignes une volonté d'aller vers une discussion, disons, plus sereine. Si c'est le cas, je veux bien présenter mes excuses à ceux qui auront vu dans mes propos une marque d'orgueil : j'étais agacé, certes, comme je le suis souvent ici, mais je ne prends pas les gens de haut.
Tout autant que le "relent chrétien" qui à mon sens n'a rien à foutre là .
J'ai dis ce qu'il faisait là , j'ai précisé mes intentions. Pourquoi est-ce que j'aurais dû m'en passer ? Je pense, moi, que le problème est surtout que tu as vu à partir de ce bout de discours un anti-religion à la mode qui croit pouvoir faire dans le moderne en tapant sur les valeurs chrétiennes, alors que ce n'est pas le cas.
Comment ça que je le veuille ou non, c'est pas à toi d'imposer ça.
Je réponds de mes intentions sur un point précis : j'ai dit à quoi servait de parler de relents chrétiens, tu as dit que c'était de la mauvaise foi, j'ai répété ce pourquoi j'ai dit cela en précisant que cela ne dépend pas de ta volonté. Que tu le veuilles ou non : que tu préfères considérer cela comme de la mauvaise foi ou non, ce que je veux dire, c'est encore à moi de le dire.
Après dans mon post j'ai parlé de culture et d'esprit d'analyse et critique. J'aurais aimé que t'en dises un mot dans ton post c'est tout.
Je ne me suis pas senti concerné, tout simplement. Critiquer la critique, c'est encore critiquer, ça me semble très sain. Et ce n'est pas parce que je ne suis pas d'accord avec les gens qui critiquent quelque chose que je suis l'avocat de ce qui est critiqué.
Par rapport aux avancées dont tu parles tu estimes qu'elles sont suffisantes pour se réjouir de notre époque ou du moins que la balance penche en faveur du positif. Soit, pourquoi pas, je suis juste pas de cet avis c'est tout. Après c'est peut-être mon côté un peu perfectionniste, je sais pas.
Oui, je me réjouis de mon époque, mais il ne s'agit pas d'en faire l'apologie, d'en être
satisfait. C'est aussi une déclaration qui engage ma subjectivité, ma vie à moi : étant gay, je ne vois pas comment soutenir une minute que cette époque vaut bien n'importe quelle autre, en France. Si cependant j'engage la collectivité derrière mon
je, c'est parce que j'estime que certains gains, quand bien même on ne retiendrait que ceux obtenus par certains groupes ou catégories, ont plus de valeur que des pertes qui sont, par ailleurs, autrement plus difficile à mesurer. Je pense que dix bûchers en moins valent plus que vingt personnes en plus qui se sentent seules. Après, j'aurais peut-être besoin de voir quelles sont pour vous les pertes, outre la solitude...
Autre chose : ce que j'aurais pu dire et développer, c'est que cette époque ne me plait pas seulement en tant qu'elle me semble un paysage plus vivable que les précédentes. C'est surtout parce qu'elle est un temps de problèmes : pas au sens de soucis, mais au sens que beaucoup de choses ne vont plus de soi et font l'objet de recherches, de discussions. On a, dans les universités, des départements d'études de genre, par exemple : ça me semble révélateur. Les genres, la notion d'identité sexuelle, des tabous comme l'inceste, des interdits comme la polygamie ne vont plus de soi. La liberté dont je parle se trouve aussi ici, elle inclut aussi un possible : liberté de mettre en question des vont-de-soi, possibilité d'en parler, d'en débattre, de lutter.
Acta fabula est.