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par x00
Homme de 31 ans non vierge
#228154
Lux a écrit : 01 déc. 2019, 12:57
Je pense que la violence sexiste (donc violence conjugale ou agressions sexuelles) est effectivement une question d'éducation, car structurellement, notre société ne condamne pas réellement ces violences.
Notre société ne condamne plus grand chose....
Combien de sont fait tuer ou autres par des récidivistes
Si on ne croit pas que les individus puissent changer ou du moins, apprendre à connaître la règle et la respecter, alors autant remettre la peine de mort ou les camps de travail forcés pour les criminels. Ce n'est pas vraiment la société à laquelle je crois, non.
Du coup, quand tu attrapes quelqu'un pour viol, tu veux quoi comme condamnation. Un stage ?
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par Lux
Femme de 33 ans non vierge
#228173
resO a écrit : 01 déc. 2019, 21:49 Peut-être estime t-on que ces personnes ont une part de responsabilité. Reste à voir pour quelle raison elles se retrouvent en prison. Si c'est pour avoir tué et /ou blessé plusieurs personnes, on doit se dire que c'est pas rassurant de savoir qu'une telle personne soit dans la nature. Une prise en charge s'impose.
C'est comme la grande proportion de personnes noires dans les prisons aux Etats-Unis : je n'ai jamais dit qu'ils étaient tous innocents, mais à un moment donné, il faut s'interroger sur ces proportions. Comment se fait-il qu'ils en soient arrivés à se mettre hors la loi ? Comment se fait-il qu'ils n'aient pas été mieux pris en charge ?
Rooter pourrait l'expliquer mieux que moi mais en réalité, les personnes avec une maladie mentale sont globalement moins violents que la population qui n'a pas de pathologie mentale. C'est donc bien que cette proportion n'est pas normale en prison.
Par ailleurs, j'estime qu'ils devraient être dans des centres spécialisés pour personnes présentant une pathologie mentale. Sauf que nous n'avons pas assez de moyens pour les mettre au bon endroit, et que donc, bien souvent, c'est plus facile de les enfermer en détention classique.
resO a écrit : 01 déc. 2019, 21:49 Tu veux dire que des dealers ne méritent pas d'aller en prison ??
Je ne vois pas bien ce que la société gagne en mettant quelqu'un qui deale du cannabis en prison. Je ne parle pas de celui qui tire les manettes, hein, je parle de celui qui fait de la revente avec un produit qui, à bien des égards, est moins dangereux que l'alcool.
resO a écrit : 01 déc. 2019, 21:49 Je m'interroge sur les différents cas, et jusqu'où c'est possible d'être sur à 100 % qu'il y a possibilité de rectifier le tir et d'éviter les récidives. Tu aurais une confiance totale en la rédemption d'un... tueur série ??
Tu dois avoir affaire à plusieurs cas dans ton boulot... :confused:
A part quelques cas où il n'y a peut-être pas grand-chose à faire, je pense qu'on peut effectivement changer, oui. Cela ne fait pas la Une des journaux mais je vous assure qu'il y a des gens qui, tous les jours, sortent de prison et ne récidivent jamais.
Après, quand on parle d'une personne sociopathe qui n'a aucune empathie pour les autres, c'est effectivement plus compliqué, mais ces cas-là sont rares. Les prisons ne sont pas pleines de tueurs en série, hein.
x00 a écrit : 02 déc. 2019, 20:04 Notre société ne condamne plus grand chose....
Combien de sont fait tuer ou autres par des récidivistes
Ça c'est un faux discours, d'ailleurs si le type est récidiviste c'est qu'il est allé une première fois en détention.
Maintenant, il faudrait aussi mettre les moyens nécessaires pour que les services d'insertion et de probation, qui suivent les personnes sous main de justice (en milieu fermé ou ouvert), puissent faire leur travail correctement. Quand un agent doit traiter, à lui tout seul, 150 dossiers humains, c'est justement humainement impossible de faire ce qu'il faut.
x00 a écrit : 02 déc. 2019, 20:04
Si on ne croit pas que les individus puissent changer ou du moins, apprendre à connaître la règle et la respecter, alors autant remettre la peine de mort ou les camps de travail forcés pour les criminels. Ce n'est pas vraiment la société à laquelle je crois, non.
Du coup, quand tu attrapes quelqu'un pour viol, tu veux quoi comme condamnation. Un stage ?
C'est amusant comme ta question n'a rien à voir avec ce que je disais. Je parlais de la possibilité de changer, je ne parlais pas du fait qu'il ne fallait pas condamner les violeurs.
Je doute des vertus de la prison. Dans un monde idéal, avec des prisons non surpeuplées, avec des moyens suffisants, oui je pense que la prison devrait être la réponse au viol. Aujourd'hui, je me dis qu'on ressort de prison probablement plus violent qu'on y est entré.
Non, je ne veux pas qu'on envoie les violeurs en stage. Mais j'ai le sentiment que notre système judiciaire est complètement à côté de la plaque et que les signaux qu'il envoie ne permettent pas de condamner, comme il le faudrait, les violences sexistes et sexuelles.
Lereveur a écrit : 01 déc. 2019, 15:06 Enfin, il reste que certains détails me font toujours tiquer ; notamment en voyant une pancarte disant " Pénis partout, justice nulle part ", insinuant par là que tout porteur d'un tel attribut, et plus largement le désir masculin, est fatalement injuste / mauvais, difficile de ne pas se sentir visé.
En même temps, il faut aussi savoir entendre ce que vivent les femmes, en général, qui ont pu être agressées, violentées plusieurs fois dans leur vie parfois.
C'est ce qu'expliquait, si intelligemment, l'écrivaine Annie Ernaux l'autre jour sur France Inter : s'il y a des débordements, ils sont justifiés par ce qu'ont pu vivre les dominés : Quand il y a un mouvement de révolte, la contention qu’on a subie fait qu’on crie plus fort, et quelquefois peut-être à tort. Ce n'est pas grave.
https://www.franceinter.fr/emissions/l- ... embre-2019
par godfreyho
ans
#228177
Lux a écrit :Quand il y a un mouvement de révolte, la contention qu’on a subie fait qu’on crie plus fort, et quelquefois peut-être à tort. Ce n'est pas grave.
Exactement, après je le disais dans le sujet "état d'esprit", je suis en plein dedans mais il faut savoir en sortir pour pouvoir enfin commencer à vivre. Bon après même si je ne suis pas une femme, je les comprends tout à fait pour avoir vécu les violences sexuelles moi aussi, ça vous rend enragé, d'autant qu'il n'y a pratiquement aucun soutien, c'est même plutôt le contraire la victime devient coupable... Devant une telle injustice, il est normal de voir de telles pancartes lors des manifs.
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par Lereveur
Homme de 39 ans non vierge
#231064
Ulcéré par le comportement de ces c*nnards de fl*cs (à ce stade, désolé, y a pas d'autre mot) qui s'en sont pris à la dernière manifestation féministe (aussi bien à Paris qu'ailleurs). J'ai repensé à la marche que j'avais faite il y a quoi, quelques mois, où ça avait été tranquille (même si à l'attitude corporelle d'un agent de la BAC, ça donnait déjà, si il en était besoin, une idée de leur niveau), à l'époque je m'étais dit que ça aurait fait trop " mauvais genre " pour le pouvoir de s'en prendre à ce genre de défilé... Mais faut croire qu'en Macronie, quand on peut faire toujours plus abject, on ne s'en prive pas.
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par Lux
Femme de 33 ans non vierge
#231065
Oui, ils ont été très violents avec nous lors de la marche de nuit à Paris notamment. L'argument utilisé ? Nous serions des militantes antifascistes qui détestent la police... ça mérite donc de se faire traîner dans le métro par les cheveux.
Au passage, le trajet de la manif a été respecté, il n'y avait aucunement lieu de bourrer dans le tas comme ils l'ont fait (je ne compte pas le nombre de manifs où je suis sortie du trajet, à cause du monde, et si les policiers te rappellent à l'ordre en te demandant de ranger tes pancartes, ils ne te tabassent pas, normalement).

Bon, aujourd'hui Weinstein a pris 23 ans de taule, c'est pas si mal quand même.
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par Simael
Homme de 35 ans vierge
#231091
Bon, je vous envoie un lien concernant Polanski et de tout ce qui s'en est suivi aux césars, ce qui ne va pas faire plaisir à certains, et peut-être pas à Lux mais je trouve qu'il porte sincèrement à réflexion. Et navré de le dire mais je partage ce que dit cette personne et j'ai été, à titre personnel, déçu de l'attitude de Virginie Despentes sur cette affaire. je sais ! On risque de me rentrer dans le lard après que certains ait lu ça mais encore une fois, réfléchissons avant de suivre un mouvement et surtout une meute.
https://www.nouvelobs.com/les-chronique ... ourde.html
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par SnapBack
Homme de 28 ans non vierge
#231093
Polanski, c’est l’affaire Weinstein à la française.

Weinstein qui va être condamné à une vingtaine d’années de prison... mais qui échappe quand même à une peine plus lourde en tant que « prédateur sexuel ».

L’affaire Weinstein a montré que c'était tout un système à reformer : Hugues Dayez, chroniqueur cinéma à la RTBF, expliquait que le jury des Césars était majoritairement masculin, plutôt âgé, avec très peu de femmes (8 sur une septentaine mais je ne suis plus sûr des chiffres exacts) ce qui a forcément une influence dans le choix des films (qui n’intéresse pas beaucoup le grand public hormis quelques exceptions).

Si une parité de genre et une certaine mixité sont introduites dans le jury, le choix des nominé.e.s en sera changé.
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par Simael
Homme de 35 ans vierge
#231119
Sauf que c'est pas du tout le propos. Polanski n'est pas producteur du cinéma français, et comme l'explique très bien le texte, je ne vois pas en quoi on doit interdire ses œuvres. On juge quoi ? la personne où ses films ? Il faudrait savoir. Et je reste fermement campé sur cette position, ce n'est pas parce que une personne se prétend victime qu'elle l'est forcément.
je n'aime pas cette application du lynchage, j'ai vraiment l'impression qu'on vit dans un monde où, pour répondre à un extrémisme, il faut être extrémiste soi-même. c'est à ça que se réduit les gens de nos jours ?
Comparé Polanski à Weinstein me paraît quelque peu maladroit.
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par SnapBack
Homme de 28 ans non vierge
#231121
Les deux, Polanski et Weinstein, ont été puni par la justice pour des faits avérés de viol qu’ils minimisaient.
Bien que Polanski a échappé à une nouvelle condamnation de son pays d’origine.

Je ne suis pas supporter du lynchage qu’il subit (je reste un réformiste, pas un révolutionnaire et encore moins un féministe) mais récompenser cet homme à notre époque n’est pas le choix le plus judicieux à faire. Le fait d’avoir des jurys avec une parité ridicule de femmes, ça reflète bien une fracture de générations.

Les jurys restent avant tout des arrangements entre partenaires (Weinstein présidait aux Oscars, il était influent : il était producteur de Quentin Tarantino).

De toute manière, d’autres cinéastes seront récompensés dans le futur car les générations changent.
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par Lux
Femme de 33 ans non vierge
#231143
Simael a écrit : 14 mars 2020, 21:29 je n'aime pas cette application du lynchage, j'ai vraiment l'impression qu'on vit dans un monde où, pour répondre à un extrémisme, il faut être extrémiste soi-même.
Sais-tu ce qu'est le lynchage ? Pour rappel, voilà ce qu'est le lynchage (âmes sensibles, s'abstenir de cliquer sur ce lien) : https://www.gettyimages.fr/photos/lynch ... ostpopular

Polanski n'a pas été "lynché".
Polanski a obtenu des millions pour faire son film, J'accuse, alors même qu'il faisait un parallèle entre son histoire personnelle et l'affaire Dreyfus, ce qui, sur le plan moral, est une immondice sans nom. Merci de relire le dossier de presse si vous ne me croyez pas.
Polanski a obtenu un succès populaire : la polémique autour des nombreux viols dont il est accusé (il me semble, une douzaine de femmes qui étaient, à l'époque des faits, mineures) n'a fait que servir son compte en banque, puisqu'elle a attiré les spectateurs.
Son film a été nommé dans plein de cérémonies de récompenses (la Mostra de Venise, les César, etc.) et a été récompensé à plusieurs reprises.
Avant même que la polémique enfle avec la sortie de J'accuse et les nouvelles accusations à son encontre, Polanski a toujours été un artiste reconnu, renommé, riche, qui bénéficiait de l'appui de personnes influentes et riches. Il n'a jamais été mis de côté, il n'a jamais été censuré, on ne l'a jamais empêché de faire un film et là où ses victimes n'ont aujourd'hui que leurs yeux pour pleurer, il vit très confortablement grâce à son art et continue d'être porté aux nues par quasiment toute la profession dans laquelle il exerce.

Peux-tu encore, en toute bonne foi, parler de "lynchage" ?
Non : Polanski est un privilégié qui continue à vivre une vie de privilégié. Le fait que certaines personnes osent aujourd'hui demander qu'on cesse de le mettre sur un piédestal et de lui remettre des prix ne constitue en aucune façon un "lynchage". Il s'agit, plutôt, comme l'a très justement expliqué Adèle Haenel, du seul moyen dont nous disposons, en tant qu'être humain, pour remettre le monde à l'endroit. Pour remettre de la morale (ce n'est pas un gros mot) dans nos décisions publiques, politiques voire même artistiques.

L'article que tu cites me semble présenter de graves faiblesses.
Déjà, il est incapable de réellement défendre Polanski, autrement qu'en disant que les faits sont prescrits (il est donc normal qu'un homme n'ait jamais purgé de peine pour avoir violé une douzaine de mineures dans sa vie, puisque c'était il y a longtemps) — je précise, à toutes fins utiles, que de plus en plus de pays réfléchissent à modifier les lois liées à la prescription, justement parce que ce n'est peut-être pas un droit, finalement, de se dire qu'on ne va pas payer pour des choses qu'on a faites il y a des dizaines d'années. En France en 2018 on a rallongé le délai de prescription : https://www.village-justice.com/article ... 29277.html
Ensuite, il évoque le cas de Ladj Ly — un homme qui a purgé sa peine et qui, pardon de le rappeler, ne s'est pas rendu coupable de violences sexuelles et/ou sexistes. Par ailleurs, Ladj Ly n'est pas et ne sera jamais Polanski : on peut comparer leurs comptes en banque, l'argent qu'on leur prête pour faire des films, on comprendra rapidement pourquoi l'impunité de Polanski est bien davantage dérangeante que ce qui est arrivé à Ladj Ly qui, je le rappelle, a lui purgé sa peine.
Enfin, il tombe dans l'attaque ad hominem : c'est Virginie Despentes qui écrit un texte coup de poing dont, sincèrement, nous avions toutes besoin, mais attention ! Despentes a osé avoir un discours nuancé sur la question des attentats de 2015... elle a osé dire : pourquoi ne pas nous mettre dans la peau d'un terroriste, pour comprendre d'où vient leur haine et ensuite mieux la comprendre. C'est absolument ridicule et hors de propos : jamais Despentes n'a défendu un quelconque terroriste, en revanche elle fait l'effort (dont est visiblement incapable celui qui a écrit l'article en question, qui est peut-être un peu dégoûté que les livres de Despentes se vendent mieux que les siens) d'analyser sociologiquement une situation, pour savoir d'où elle vient. Despentes, oui, c'est la colère, à l'état brut : la colère d'être une femme dans une société machiste, la colère d'avoir été violée, la colère d'être née prolétaire dans une société où la lutte des classes est terrible.
Tu veux savoir la vérité ? Moi aussi, je me sens plus proche du mec qui n'a rien et qui finit par prendre les armes pour toute f*utre en l'air, plutôt que du mâle blanc riche, adulé, encensé, qui se sert de sa notoriété pour sodomiser une douzaine de gamines mineures.

Je ne comprends même pas ton "Despentes m'a déçu". Mais tu l'as déjà lue, Virginie Despentes ? Tu sais ce qu'elle a vécu ? Tu connais son passé, sa colère ? Ce n'est pas juste la meuf qui a écrit un bouquin à succès qui parle de notre société contemporaine avec un œil aguerri ; c'est surtout la meuf qui, à seize piges, fait du stop pour sortir de chez elle (tout, plutôt que de rester enfermée chez soi, comme on force souvent les femmes à le faire) et qui se retrouve violée par une bande de sales types, un couteau sous la gorge. Qui, par la suite, a connu la galère, la prostitution, et a fini par exprimer toute sa colère contre ce monde de riches et de mâles dans un roman qui s'appelle Baise-moi, où deux filles en cavale butent tous les mecs qui les approchent.
C'est sûr, pour un homme blanc et riche (je ne parle pas de toi Simael, mais de celui qui a écrit cet article torchon), c'est incompréhensible. Jamais ils ne sauront ce qu'on a vécu. Jamais ils ne comprendront. Mais fort heureusement, aujourd'hui, elles sont nombreuses à le rappeler, et à le dire fort, et à se lever quand ça commence à sérieusement puer dans ces cérémonies ignobles où on décide de remettre un prix à un mec qui en a déjà des centaines, alors qu'il est un violeur en série. Mais on ne se laissera plus faire : c'est sans doute pour ça que certains, comme Jourde, flippent autant. La révolution a commencé. Et p*tain, ça fait du bien.

Et pour arrêter sur les "je suis déçu de Despentes", lisez King Kong Théorie, manifeste féministe qu'elle a écrit début 2010 (il me semble). Tout ce qu'elle dit dans son texte était déjà dans cet essai magnifique.
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