Venez ici pour discuter de vos complexes sexuels.
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Par Florent
Homme de 36 ans vierge
#214897
Bon, je suppose que je ne suis pas le seul ici, mais j'ai l'impression de ne pas appartenir Ă  ce monde.
Une impression peut-être vraie ou fausse, mais ça me complexe énormément. J'ai l'impression d'être exclu.

1) Bien sur, l'amour y joue un gros rĂ´le.
Beaucoup de conversations se limitent à : la relation de couple ("ma femme", "mon chéri"), les enfants, le sexe, la famille.
Quand vous avez jamais connu ça, bah ouais vous vous sentez exclu et rabaissé.
Le cinéma n'aide pas, il y a presque toujours une histoire d'amour dans un film. Comment s'identifier à un héros qui a une histoire d'amour avec un personnage ? Je ne parle même pas des films français (d'auteur ou pas), où 90% (chiffre au pif) des histoires sont des histoires de crises de couple, où t'as le bourgeois quarantenaire qui prend l'avion pour reconquérir sa femme, où t'as machin qui trompe machin, où après 10 ans de vie commune un couple ne s'aime plus et se demande si l'amour dure éternellement et gna gna gna. Comment s'identifier à ce microcosme, à ces films, à ces histoires, à ces personnages ?

2) La sensation de ne pas appartenir ce monde aussi Ă  cause de certaines petites choses.
J'habite malheureusement dans une ville très touristique. Nous sommes envahis de touristes à longueur d'année. Beaucoup d'hôtels 3 ou 4 étoiles, beaucoup de restos chics. Beaucoup de plages privées aussi (ce qui est vraiment un scandale pour ma part, mais il suffit de ne pas y aller et de boycotter. Malheureusement c'est souvent bondé, même si je ne comprends pas pourquoi payer quelque chose qui est à tout le monde).
Il fait encore chaud chez nous, et il y en a toujours autant qu'avant. J'ai toujours une sensation de mal-être quand je vois un touriste, vu que je n'ai jamais voyagé (même Paris, je ne suis jamais allé).
Pareil pour Airbnb. C'est rempli d'appartements airbnb. Je suis l'un des seuls locataires de mon appartement, tout le reste ce sont des touristes saisonniers. Souvent très jeunes en plus. Bien sur, les proprios sont contents, ils se font un max de fric sans payer de charges, c'est tout bénef pour eux. Vivement que ça soit réglementé, il y a tellement de gens qui cherchent un appartement et ils préfèrent les louer à des imbéciles de touristes .


3) J'ai l'impression de ne plus avoir de sentiments.
Ca fait plus d'une décennie que je n'ai pas pleuré. Que je n'ai pas été joyeux.
Depuis récemment, il m'arrive de ressentir de l'envie envers les gens qui pleurent. Oui, j'aimerais bien pleurer mais je n'arrive plus. Idem, mon plus grand rêve était d'embrasser une fille, ce que j'ai fait il y a 2 ans. Et rien, pas de joie, pas de peine. Je pensais que ça allait être le plus beau jour de ma vie, non rien.
L'impression d'être complètement déshumanisé.

Quand j'y repense, j'avais pas ce sentiment de ne plus appartenir à ce monde quand j'étais sdf. C'est assez fou d'ailleurs que je ressente ça maintenant alors que ma situation est mieux qu'à cette époque-là.
motus, Bleue, JaneDarc et 1 autres aime ça
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Par Pasta
Homme de 32 ans vierge
#214901
1) C’est vrai dans le cinéma, surtout français, il faut forcément que ça b*ise d’une façon ou d’une autre, peut-être pour montrer la vraie vie des vrais gens. Un personnage qui n’aurait aucune relation, ça ne ferait pas réaliste.

2) Tu devrais vraiment déménager :grin:

3) Moi aussi j’ai l’impression d’avoir une vie plate, sans jamais vraiment de grosse joie. Même les événements qui poussent parfois les autres à sauter et hurler de joie et à organiser une méga-teuf ne me bouleversent pas tant que ça. Cela dit généralement je me sens bien, je ne suis généralement pas triste ou déprimé ces derniers temps.
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Par Florent
Homme de 36 ans vierge
#214915
Pasta : après, niveaux films, il y a des exceptions mais c'est vrai que c'est rare.
J'aimerais bien déménager. Il y a un an, j'avais trouvé un appartement dans ma ville d'enfance, 450 euros le loyer, 20 m², meublé, avec en plus un petit jardin. Le truc de fou quoi. Mais bon, je n'ai ni CDI, ni garant.
Tu parles de quel genre d'événement qui puisse t'arriver et qui ne te bouleverse pas vraiment ? Une prime par exemple ? Une nana qui te fait du charme ?

LiPo : je croyais aussi, mais non, pas de grosse fatigues ni de vertige et tout. J'ai conscience d'ĂŞtre de ce monde, je suis un individu lambda comme tout le monde, mais je n'y trouve pas ma place.

Après, je sais que c'est le cas pour plusieurs personnes ici, et que je suis quand même privilégié comparé à d'autres utilisateurs du forum (j'ai quelques privilèges que d'autres n'ont pas) : j'ai déjà pris une fille dans mes bras (enfin, c'est plutôt elle qui s'est jeté dans mes bras), j'ai un appartement certes pourri mais j'en ai quand même un, je suis indépendant, etc.
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Par Pasta
Homme de 32 ans vierge
#214920
Florent a écrit :Pasta : après, niveaux films, il y a des exceptions mais c'est vrai que c'est rare.
J'aimerais bien déménager. Il y a un an, j'avais trouvé un appartement dans ma ville d'enfance, 450 euros le loyer, 20 m², meublé, avec en plus un petit jardin. Le truc de fou quoi. Mais bon, je n'ai ni CDI, ni garant.
Tu parles de quel genre d'événement qui puisse t'arriver et qui ne te bouleverse pas vraiment ? Une prime par exemple ? Une nana qui te fait du charme ?
Oui une prime, ou alors je pense à l’obtention de mon bac ou autres diplôme/permis, etc. Ou encore à la signature de l’achat de mon appartement. J’ai soupiré pendant que je signais tous les papiers (il y en a beaucoup) ce qui a surpris la clerc de notaire et l’agent immobilier, car on est généralement plutôt content et excité de signer l’achat d’un appart.

Une nana qui me fait du charme je ne saurais pas dire :grimacing:
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Par Lereveur
Homme de 38 ans non vierge
#214922
Il m'arrive aussi de ressentir cela ; d'ailleurs, on pourrait prendre l'expression au pied de la lettre, aujourd'hui au taff une responsable m'a sorti que j'étais un type " plutôt lunaire " (possible que je vous parle de ce sujet prochainement, mais là, je suis pas mal à plat, ce qui explique entre autres que je ne développe pas plus ma réponse au présent sujet, même si j'ai déjà fait en sorte de vous lire).
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Par Lux
Femme de 32 ans non vierge
#214924
Florent a écrit : Le cinéma n'aide pas, il y a presque toujours une histoire d'amour dans un film. Comment s'identifier à un héros qui a une histoire d'amour avec un personnage ? Je ne parle même pas des films français (d'auteur ou pas), où 90% (chiffre au pif) des histoires sont des histoires de crises de couple, où t'as le bourgeois quarantenaire qui prend l'avion pour reconquérir sa femme, où t'as machin qui trompe machin, où après 10 ans de vie commune un couple ne s'aime plus et se demande si l'amour dure éternellement et gna gna gna. Comment s'identifier à ce microcosme, à ces films, à ces histoires, à ces personnages ?
Je te rejoins là-dessus. J'ai voulu télécharger un film tout à l'heure, je vous mets la bande-annonce :



Et franchement le côté film d'étudiants bobos qui ont jamais galéré de leur vie pour payer leur loyer et dont le problème le plus existentiel c'est de se demander comment tromper leur meuf avec une autre, j'ai juste pas pu. Mais j'en arrive même à me demander si ça représente grand-monde, cette vision-là de l'existence. Autour de moi, je connais personne qui ait eu ce genre de jeunesse en mode liberté sexuelle de ouf et on est trop des philosophes qui allons changer le monde.

Je comprends ce que tu dis Florent. On se sent exclu du monde tel qu'il est présenté, tel qu'il est vanté, tel qu'on devrait le vivre. Mais je pense qu'on est nombreux à ne pas se sentir dans les clous.
Par Blup
Homme de 32 ans vierge
#214926
Hier soir j'ai regardé le premier épisode de la série Atypical dans laquelle un autiste de 18 ans tente de trouver l'amour.

La série en elle-même a l'air bien et même si je ne suis pas autiste, avec ma situation amoureuse, je m'identifie beaucoup au héros dans sa quête mais (ATTENTION SPOILER) dans la seconde moitié de cet épisode une fille très mignonne commence à s'intéresser à lui, ils ont un premier rendez-vous au cours duquel il lui avoue sa virginité et comme elle le trouve touchant, elle lui propose d'être sa première.

Pendant une minute je me suis dit "tu vois, même un gars qui a pas mal de difficultés avec les personnes et le monde extérieur arrive à faire mieux que toi et manque de conclure dès le premier épisode", c'est idiot puisqu'il s'agit d'une série et que les persos sont inventés mais ça m'a fichu un gros coup de mou :confused:.
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Par Florent
Homme de 36 ans vierge
#214938
Pasta : dans les exemples que tu me cites, ça peut dépendre aussi de ta situation d'avant. Si tu n'étais pas plus précaire que a avant la signature de ton appartement, ou si tu étais par exemple sur de toi avant de passer ton permis, il est normal que tu ne sautes pas plus de joie que ça. Après, peut-être aussi que tu as éduqué dans une famille qui ne montrait pas ses émotions.
'fin ça dépend de plein de choses je pense. (oui, je m'essaie à la psychologie ^^)

Lereveur : lunatique dans le sens "sensible" ? Y'a quoi de mal lĂ -dedans Ă  ĂŞtre sensible ?

Lux et Blup : après, tant mieux si ce genre de films existe, il en faut pour tous les goûts. Mais oui, j'ai l'impression (à tort ou à raison) qu'il n'y a pratiquement que ce genre de films qui sort en France.

Il y a un film que j'aime beaucoup, qui date des années 90 et qui s'appelle "Moi, Zombie : Chronique de la Douleur". Au début, le réalisateur voulait faire un film sur l'exclusion et la maladie, mais le producteur a voulu faire un truc sur les zombies car c'était la mode. Le réalisateur a donc fait un film avec des zombies, mais ce n'est pas un film de zombie.
C'est l'histoire d'un jeune qui un jour alors qu'il se ballade en forêt, secourt une nana qui a l'air d'être mal en point. Cette nana le mord sauvagement. De là, il va devenir un zombie, adepte de chair humaine. Après son premier meurtre, il va éprouver des remords et de là, il s'isolera chez lui pour ne plus avoir à faire de mal à d'autres personnes. Pratiquement tout le film suit son isolement et sa réclusion, du début jusqu'à sa décrépitude.
C'est un film cheap, tourné avec peu de moyens, peu d'acteurs et amateurs qui plus est (mais pourtant très bons) mais il m'a énormément marqué celui-là, la solitude, le manque d'amour, la misère sexuelle et affective qui débouchent par un dégoût de soi-même... Par contre, c'est plus que dépressif, "Requiem For A Dream" à côté c'est la "Mélodie du Bonheur".

Plus d'info : http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1322
Par Octave
Homme de 29 ans vierge
#214939
Il a l'air bien le film que tu mentionnes, Florent, je vais essayer de le regarder à l'occasion. J'ai adoré "Requiem For A Dream" aussi. Sinon comme film sur la solitude et le sentiment de déphasage par rapport à la société, je pourrais citer "Seul contre tous" de Gaspar Noé. C'est un film assez dérangeant, comme généralement ceux de ce réalisateur. Sinon en beaucoup plus léger il y a "Disjoncté" avec Jim Carrey. Je me retrouve un peu dans le personnage principal (un peu !). Enfin il y a aussi "Big" avec Tom Hanks : il ne parle pas vraiment de solitude (quoique) mais c'est un des films qui m'a le plus marqué, certaines scènes sont très émouvantes.
Ha et j'allais oublier, toujours avec Jim Carrey il faut mentionner "The Truman Show". Ce film illustre très bien la problématique de ce fil de discussion.