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par Burden
Homme de 25 ans vierge
#231525
Au risque d'être un peu hors-sujet je tiens à vous raconter ma vie dans les grandes lignes pour tenter de vous expliquer qui je suis, par la même occasion certains se retrouveront peut-être dans mon témoignage.

Comme disait Booba "j'ai pris la vie par derrière sans me poser de questions" moi c'est plutôt l'inverse.
Enfant j'étais plutôt introverti mais pas non plus prédisposé à ce que j'allais devenir par la suite. J'ai été gravement malade à cette période pendant quelques semaines, je crois que ça a durablement changé ma perception à l'égard de la mort et du corps en général, en la manière qu'on est tous finalement des tas d'os et de chair, et surtout ça a dû diminuer le respect que j'avais pour moi-même et mon propre corps.

Je suis entré au collège par la suite dans un contexte familial de séparation longue et douloureuse (séparation puis réconciliation puis déménagement puis rebelote). Du coup ça ne m'aidais pas à me sentir à l'aise à l'école, j'avais du mal à m'intégrer, pourtant à l'époque j'étais encore une personne intègre (sans mauvais jeux de mots).

Au Lycée je me suis mis à faire des soirées, boire, fumer des joints, j'ai eu tendance à fréquenter des "amis de soirée" au détriment de mes vrais amis pour fuir l'atmosphère délétère qui régnait chez ma mère qui s'était séparée définitivement de mon père pour se remettre en couple avec d'autres personnes successivement, mais c'était toujours la même m*rde si je puis me permettre. Pour la première fois de ma vie je me suis senti "vivant", je n'avais plus la sensation de subir ma vie, même si avec le recul je me dis que je la subissait toujours autant mais d'une autre manière. J'ai eu à ce moment quelques relations sommaires avec des filles mais qui n'ont pas abouti, voire de manière désastreuse.

Après l'échec qu'a été le Lycée autant d'un point de vue affectif que scolaire, j'ai fais des formations diverses que j'ai abandonné à mi-parcours, à chaque fois c'était le même scénario, les soirées, l'alcool les joints puis l'ecstasy etc,...Tout ça pour tenter de masquer ma timidité et le non-respect que j'avais pour moi-même (car finalement j'avais l'air bien plus dérangé en étant sobre) tout en essayant d'assouvir le besoin que j'avais d'avoir des relations humaines. A ce moment là ma mère ayant percuté que quelque chose clochait chez moi était sans cesse sur mon dos (trop tard), j'avais des relations toujours plus distendues avec mon entourage (j'allais en soirée au final dans le seul but de me mettre une mine pour oublier les idées noires que me trottaient dans la tête) et j'avais toujours ce problème avec les filles, c'est à dire que si la fille me plaisait, que la discussion tournait sur les choses sérieuses, sentimentales je veux dire, j'avais comme un blocage, une trop grande tension qui me faisait dire n'importe quoi, ou changer de sujet, ou rester totalement muet. Je parle au passé car c'est un peu moins le cas aujourd'hui. Bref, en plus je ne dormais pas, j'avais en plus du reste une addiction au porno sans y faire attention mais qui m'épuisait, plus les soirées, plus le boulot à faire que je faisais toujours au dernier moment, j'ai fini par ne plus aller en cours, je passais mes journées dans la forêt ou je m'allongeais sur des chaises-longues dans les résidences secondaires vacantes...enfin je devenais un vagabond en fait. Et puis ma mère s'en est aperçu.

A la suite de ça j'ai vraiment touché le fond, je suis resté deux ans dans ma chambre à ne rien faire du tout à part me branler jusqu'à six fois par jour (je crois que j'ai comme une curiosité malsaine à connaître mes limites extrêmes) et jouer à des jeux vidéos. Moi qui ne suis pas du genre à me laisser abattre j'ai quand même eu de sérieuses idées de suicides et bizarrement la phobie du monde extérieur que j'avais alors m'a empêché d'aller me jeter sous un train. La nature est bien faite. Autant dire qu'après ces deux ans j'étais dans un état lamentable.

Et puis petit à petit je me suis sorti de ça, je vais voir un psy qui me donne des anxiolytiques, je me sens plus calme, j'ai l'esprit plus clair, je fais du sport, je mange mieux, enfin j'essaie de moins me "pourrir" qu'avant, j'ai plus d'addictions à part le tabac, je fais des petits boulots à droite à gauche, je sors à nouveau dans les magasins etc... ce qu'il m'était impossible de faire après ma phase d'ascèse érémitique (non chaste). Du coup je me sens un peu comme "parachuté"dans le monde à 25 piges, je dois tout recommencer (ou commencer). Mais ce qui me préoccupe le plus à présent c'est de pouvoir enfin avoir une relation saine avec une fille, car hormis des baisers je ne suis jamais allé plus loin.

Voilà je jette ce pavé dans la marre si cela peut en intéresser certains. En espérant ne pas vous avoir donné l'impression que je suis un sociopathe en puissance ;)
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par MathSo
Homme de 25 ans vierge
#231538
Bonjour Burden. Et sois le bienvenu :wink: .

C'est vraiment pas un témoignage facile que tu nous partages ici. Il est vrai que généralement, l'atmosphère familiale peut jouer en partie sur ce que l'on est. Et pour échapper à ce climat "toxique", tu as donc trouvé un exutoire au travers les soirées, l'alcool et la drogue.
Burden a écrit :Au Lycée je me suis mis à faire des soirées, boire, fumer des joints, j'ai eu tendance à fréquenter des "amis de soirée" au détriment de mes vrais amis
Justement, comment ont réagi tes "vrais amis" en te voyant faire ça. Ont-ils essayé de t'aider ? Est-ce que tu as subi du harcèlement de leur part ?
Burden a écrit :A la suite de ça j'ai vraiment touché le fond, je suis resté deux ans dans ma chambre à ne rien faire du tout à part me branler jusqu'à six fois par jour (je crois que j'ai comme une curiosité malsaine à connaître mes limites extrêmes) et jouer à des jeux vidéos. Moi qui ne suis pas du genre à me laisser abattre j'ai quand même eu de sérieuses idées de suicides et bizarrement la phobie du monde extérieur que j'avais alors m'a empêché d'aller me jeter sous un train. La nature est bien faite. Autant dire qu'après ces deux ans j'étais dans un état lamentable.
Je comprends ce que tu ressens. Puisque je suis moi aussi resté presque 2 ans quasi enfermé chez moi sans travail à me considérer comme un moins que rien. Si tu lis les autres témoignages, tu verras que la timidité et la faible estime de soi est très fréquente sur le forum. Si cela peut te rassurer.
Burden a écrit :Et puis petit à petit je me suis sorti de ça, je vais voir un psy qui me donne des anxiolytiques, je me sens plus calme, j'ai l'esprit plus clair, je fais du sport, je mange mieux, enfin j'essaie de moins me "pourrir" qu'avant, j'ai plus d'addictions à part le tabac, je fais des petits boulots à droite à gauche, je sors à nouveau dans les magasins etc... ce qu'il m'était impossible de faire après ma phase d'ascèse érémitique (non chaste). Du coup je me sens un peu comme "parachuté"dans le monde à 25 piges, je dois tout recommencer (ou commencer). Mais ce qui me préoccupe le plus à présent c'est de pouvoir enfin avoir une relation saine avec une fille, car hormis des baisers je ne suis jamais allé plus loin.
Tu as eu une bonne initiative d'aller voir un psy. Après, il n'est jamais trop tard. Comme tu dis, "à 25 ans, tu dois tout recommencer". Dis toi que c'est une nouvelle chance qui t'es offerte afin d'améliorer ta vie.
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par Burden
Homme de 25 ans vierge
#231548
C'est vrai que c'est un témoignage un peu cash mais je pense qu'internet permet de parler de ces choses inavouables en famille ou en société.
Pour répondre à ta question mes vrais amis à ce moment m'ont un peu laissé tomber, je pense qu'ils se rendaient compte que je m'engouffrait dans la mauvaise voie, mais je ne vois pas ce qu'ils auraient pu faire puisque à cette époque et longtemps après j'avais une sorte de "personnalité d'apparat", je fuyais toute conversation portant sur d'éventuels problèmes que j'avais en faisant comme si rien ne m'affectait, en paraissant insouciant. J'ai eu d'autres amis par la suite qui ont vraiment tenté de m'aider, de me parler à plusieurs reprises et à vrai dire je ne m'en suis rendu compte plus tard seulement, en y repensant. Il faut dire que de base, même étant sobre, j'ai beaucoup de mal à percuter quand on me parle, j'ai toujours les idées un peu confuses et je passe du coq à l'âne, j'ai beaucoup de mal à me concentrer, surtout quand je suis dans un environnement bruyant, où plusieurs personnes se trouvent, comme dans les cafés, chez les amis...C'est difficile d'expliquer ça, autant qu'il est difficile de se mettre dans la tête des gens.
"tu verras que la timidité et la faible estime de soi est très fréquente sur le forum. Si cela peut te rassurer." ça ne me rassure pas trop, au contraire, c'est triste de voir que tant de gens sont affectés par ces problèmes, en tout cas je pense que c'est bien d'en parler pour mieux comprendre les choses. Je pense que ce sont des problèmes de société, que certaines personnes ne parviennent pas à s'intégrer dans cette société du fait du manque des valeurs essentielles normalement transmises par l'environnement mais aujourd'hui je ne peux m'empêcher de penser que cet environnement (familial, scolaire, etc...) échappe à tout contrôle ou en tout cas n'a plus vraiment de but pour une partie d'entre nous. C'est donc a nous de nous construire nous mêmes en quelque sorte. Et c'est une bonne chose de se soutenir mutuellement dans ce genre d'épreuves.
Merci pour ta réponse
par mike62
Homme de 35 ans non vierge
#231551
Ton témoignage n'est pas simple . Quand j'ai fini ton premier commentaire de présentation dans lequel tu parlais du fait de t'être "enfermé " pendant 2 ans j'ai tout de suite pensé aux hikkikomori japonais qui ne sortent de leur chambre qu' au bout de plusieurs années (et parfois bien plus longtemps que pour une durée de 2 ans) je ne sais pas si on peut employer ce terme vis à vis de la situation que tu a traversé. En tout cas, malgré tout ce que tu a décrit de ta situation tu veux t'en sortir et tu a commencé à faire des démarches en ce sens , ça n'a du être évident au départ mais comme le dit un proverbe chinois : "sur un chemin de mille lieue,c'est le premier pas qui compte " :relieved: :wink:

En tout cas tu t'est très bien présenté et je te souhaite bon vent sur ce forum
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par Amaz
Homme de 29 ans vierge
#231552
Bonjour et bienvenu sur le forum :)

Elle est brute de décoffrage ta présentation mais au moins ça a le mérite d'être franc.

Timidité, manque de confiance en soi, d'estime de soi, mal être intérieure, famille où membre de la famille toxique, c'est hélas c'est un schéma trop récurrent, de là à dire que c'est la raison de notre VT. Peut-être oui en partie mais, je ne suis pas pleinement convaincue de ça quand je (excusez-moi du terme) constate de gros déchet qui sont pourtant en couple.

Mais à l'heure d'aujourd'hui qu'est-ce que tu deviens ? Tu vis en autonomie ?.

Tu dis vivre de petits boulots (comme moi mais ça engendre instabilité financière et indubitablement anxiété) mais je suppose que tu aimerais bien te stabiliser professionnellement ou bien peut-être reprendre des cours ?.

Tu disais aussi que tu avais un cercle amical qui te voulais-tu bien, tu es toujours en contact avec eux ?.
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par Burden
Homme de 25 ans vierge
#231555
Je ne connaissais pas le phénomène des "hikkikomori", mon état ressemblait à cette définition, cela dit j'ai vécu cette période comme une véritable torture morale, en plus sans être un athlète loin de là, j'ai un besoin impérieux de me dépenser chaque jour, le fait de rester dans une toute petite pièce, juste un mètre entre le bureau et mon lit c'était insupportable (sans blague le nombre de fois où je suis sorti à l'extérieur pendant ces deux ans se compte sur les doigts d'une main), comme si j'étais à la fois prisonnier et mon propre geôlier. Et si je suis resté dans cet état aussi longtemps c'est que j'avais une peur absolument démesurée de l'extérieur. Maintenant que je sors tous les jours j'ai du mal à y croire.

Pour te répondre Amaz, ce que tu as cité n'est sans doute pas la raison de ma VT, je pense que c'est au delà de la timidité et de la confiance en soi: en fait pour être clair quand je vais mal et que je suis dans des situation particulières où je dois montrer ou me laisser guider par mes émotions, je me mets à bégayer ou à trembler de tout le corps, je ne contrôle plus du tout ce que je dis ou ce que je fais, et en fait je me suis "habitué" en quelque sorte pour faire face à ça à me bloquer totalement et à ne plus pouvoir prononcer un mot. Je précise "quand je vais mal" car il m'est arrivé de discuter voire draguer des filles en étant tout-à-fait serein sans que ça me tombe dessus. Le problème c'est que ces dernières années j'allais souvent mal et aujourd'hui c'est un peu les montagnes russes. Et dans les cas ou j'avais réussi à créer un lien en quelque sorte, il a toujours fallu que ces problèmes reviennent à un moment ou l'autre, suite à quoi je coupais les ponts car je me sentais trop honteux de ne pas pouvoir me montrer semblable à moi-même.
Aujourd'hui je suis autonome, je fais de l'intérim, c'est pas la grande vie mais je ne me suis jamais soucié des problèmes matériels et financiers, quand je gagne peu je dépense encore moins, je n'ai jamais été angoissé par ce genre de choses.
Je ne peux pas avoir tous les défauts du monde x)
Concernant les amis que j'ai pu avoir j'ai coupé tout contact avec eux durant ma "traversée du désert". Je n'ai même plus leurs numéros et j'ai changé de région. Maintenant j'ai quelques connaissances à droite à gauche mais plus d'amis réellement. J'ai toujours mis du temps à avoir des relations amicales avec qui que ce soit, et dans le cadre de vie un peu dissolu que j'ai actuellement c'est pas évident.
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par Burden
Homme de 25 ans vierge
#231630
Qu'on aura notre chance je l'espère bien, mais tout est une question de point de vue, certains disent qu'il faut accepter le destin, d'autres qu'il faut l'accomplir, mais le destin, lui, reste le même. ( je suis pas sur d'avoir compris ce que j'ai dit)