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par Amrcoc
Homme de 42 ans non vierge
#235102
Bonsoir compagnons de solitude,

Moi c'est Marc, 41 ans, balance, plutôt caleçons que slip, passionné de photo et de bandes dessinées.
J'ai déjà lu quelques présentations, je trouve un peu de moi dans toutes, et vous trouverez sûrement un peu de vous dans la mienne.

Alors comme beaucoup ici, enfin j’imagine, je n’étais pas le gars le plus « populaire » du lycée, ni le beau gosse pendant mes études supérieures. Moi j’étais le gros qui fait rire, qui fait un peu pitié et à qui les filles viennent dire « Ah toi au moins tu sais m’écouter » quand elles pleuraient sur le dernier gars qui leur avait brisé le cœur. Rien de très original en soi. Comme tout le monde, au fur et à mesure que les années passaient, me lèvres n’intéressant personne, pas plus que le reste de mon anatomie, la pensée que je n’étais pas digne d’intérêt grandissait avec l’angoisse que quelqu’un se rende compte que j’étais le dernier puceau du coin.

A 17 ans ça passe encore, t’es pas tout seul ; à 18 ans, t’es un peu en retard mon gars, mais ça va venir ; à 19 ans, mmmh… t’es bizarre toi, t’es pas un peu trop timide ? ; A 20 ans, quand ta sœur te demande si t’es gai, tu te dis que va falloir trouver quelque chose pour te déniaiser ; à 21 ans, c’est foutu, tes sûr que tu vas finir ta vie seul, bouffé par la honte et les chats...

Les années qui suivent, la peur a grandie avec une image de moi qui a pris la forme d’un monstre qui effraie les femmes. Pas seulement d’un point de vue physique d’ailleurs, j’avais fini par croire aussi que mes sentiments, mes élans amoureux, étaient encore plus repoussants que mon double menton. A 20 ans, je faisais 110 kg pour 1m79. A 25, j’en avais perdu 30, mais ça n’a rien arrangé. Comme pour vous sans doute, mon pire ennemi n’était plus mon physique, mais mon manque de confiance et la certitude que je n’étais pas digne de l’amour d’une femme. J’essayais encore, mais avec des refus polis à mes vaines tentatives. Quasiment incapable d’être ami avec un homme, je ne m’entourais que de femmes, roi de la « friend zone ». Ainsi jusqu’à mes 30 ans.

Le sexe avait finit par devenir une espèce de Saint Graal dans ma tête. C'était comme si c'était le seul trésor sur terre, auquel tout le monde avait le droit, mais que moi, je n'en était pas digne. Il y a avait aussi dans cette idée, le fait que le sexe, et à travers lui la tendresse, l'affection et l'amour qui lui était indissociable, était une forme de "validation" de la personne. Genre, "je fais l'amour avec avec toi, donc je valide ce que tu es, tes valeurs, ta personne.". Si personne ne fait l'amour avec toi, t'es qu'une crotte, t'es rien voir moins que rien. Mon côté niais qui pleurait devant les comédies romantiques était incapable de voir l'acte physique de l'amour autrement.
A côté de ça, mon frère me disait dès qu'une fille s'intéressait vaguement à moi, "va dessus, elle attends que ça". Mais moi je voulais de la passion, du sentiment, comme dans les chansons et les films. Sauf que c'est rare, et j'ai pas trouvé, enfin jamais de manière réciproque.
Alors j'ai finit par me dire qu'il fallait casser cette vision du sexe pour en faire quelque chose de plus simple. De plus "physique". Et avancer...

J’ai travaillé dans l’hôtellerie pendant 13 ans, en 2008-2009, je faisais ma première saison à Méribel en Savoie. Cet hiver-là, j’ai pris une télécabine pour la première fois, j’ai appris à skier, j’ai arrêté de fumer, et j’ai fait l’amour. Une collègue m’a témoigné un peu d’intérêt, elle n’était pas mon type bien que très jolie. Une blonde pas très grande, un peu sèche, son regard ne m’attirait pas plus que ça (j’ai toujours fonctionné au regard) mais elle était sympathique et on s'est bien entendu. Elle n’arrêtait pas de me parler de son ex qui l’avait largué comme une crotte. Je voyais bien qu’elle voulait s’amuser pour se réconforter alors j’y suis allé franco. Je lui ai dit que j’étais puceau et qu’un plan cul me ferrait du bien. La nuit d’après dans l’appartement d’un joli chalet de Méribel, sous une tempête de neige, j’ai perdu ma virginité.

Je continue un peu l’histoire en guise d’avertissement ou de message pour ceux à qui ça parle. Les 2 mois qui on suivit, on a baisé comme des lapins. J’ai perdu 7 kg de plus. Et j’ai réagit comme un enfant qui a trouvé un jouet qui lui plait ; je n’ai pas voulu le lâcher. Je me suis persuadé de tomber amoureux pour continuer. Sauf qu’au bout d’un an j’ai compris mon erreur. J'ai aimé l'idée d'être amoureux, d'être moi + elle, d'avoir accès à des câlins réguliers mais je ne l'aimais pas elle. J'en suis pas fier, mais je suis honnête. J’ai ensuite mis 8 ans à la quitter pour des raisons que je ne vais pas détailler ici. Elle a fini par me tromper avec une femme. Même si je ne regrette rien (ça ne sert à rien) je me dis que j’aurais pu éviter ça. On ne s'est pas fait de mal, on a toujours bien vécu ensemble, je l'ai soutenue, elle m'a soutenu, mais que de temps perdu quand on a rêvé d'un véritable amour (que je cherche encore aujourd'hui).

Je dis ça juste pour ouvrir les yeux de ceux qui sont encore puceaux. Quand vous allez rencontrer la première femme qui va vous donner le sexe et la tendresse qui va avec, la bombe qui va exploser dans votre cerveau va tout souffler sur son passage. Attendez que la poussière retombe (ça prend 2 à 3 mois) avant de faire des promesses et de prononcer les 3 mots les plus dangereux du monde. Ne perdez pas vos repères, n’oubliez pas qui vous êtes, soyez honnête avec vous et avec elle.

Good night, and good luck.
Marc
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