Appel à témoins de journalistes pour des reportages ou documentaires.
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par victeur
Homme de 48 ans non vierge
#147130
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Professeur de mathématiques en lycée quelque part dans le Sud, Tristan se raconte comme un type qui, de tous temps, "n'a jamais servi à rien". Au départ, il est un ado au visage bouffé par l'acné, celui que l'on choisit en dernier quand vient le temps de constituer les équipes de foot à la récré. "J'étais très seul, dit-il. C'est plus qu'une histoire de sexualité, j'avais du mal avec le monde." Un problème qui, pour Tristan, prend à coup sûr sa source dans la structure familiale. Il a grandi avec un frère handicapé mental et une famille recroquevillée sur elle-même: "On se méfiait de tout le monde, on vivait en cocon. Ça m'a poussé à me refermer sur moi-même." À 21 ans, il embrasse pour la première fois. C'est l'une des ses bonnes amies, lesbienne, qui prend l'initiative. A part ça, c'est le désert. Inscrit en école d'ingénieur, Tristan n'évolue qu'avec des garçons et passe son temps le nez plongé dans ses bouquins. Au sortir de son école, il s'enregistre sur des sites de rencontres. Toutes se solderont par des échecs. "Les personnes à qui j'ai eu affaire étaient soit mal dans leur peau, soit là pour prendre et jeter, comme dans un supermarché. Et puis, j'ai eu aussi droit à la fille vénale. Celle à qui je savais que je ne plaisais pas mais qui voulait que je l'invite en week-end dans un hôtel cannois." Chacun de ces échecs donne une raison de plus à Tristan pour broyer du noir. D'autant plus qu'autour de lui, tout le monde trouve petit à petit "chaussure à son pied". "Une copine s'est casée avec un type que je n'aimais pas. Je me disais: 'Même ce taré a le droit à sa part du gâteau? Et moi, je suis quoi? Eh bien je suis une crotte.'" Il marque une pause dans son récit. Serre la mâchoire. "Ah mince, il y a trop de choses qui arrivent dans ma tête là, je ne sais pas quoi dire." Très vite, il se reprend: "Vous savez, moi, je suis quelqu'un de sentimental. Je cherche la tendresse. Je suis incapable d'empoigner une femme. Et j'ai l'impression que les femmes recherchent plus ce genre d'hommes."
Un jour, il y a longtemps, Tristan a passé un contrat moral avec lui-même: jamais il ne ramassera quelqu'un sur le trottoir pour solutionner son affaire. "Mais au bout d'un moment, je ne tenais plus, il fallait que je sache", finit-il par confesser. Le voilà donc un soir, roulant dans les rues de Marseille. Il tourne pendant une heure et croise une blonde plantée en bordure de route. Elle embarque. "J'imaginais qu'on allait aller dans un hôtel, se souvient Tristan. On s'est retrouvés sur un parking. La fille m'a fait comprendre qu'il fallait que je sois efficace. Quand elle m'a dit ça, c'était fini. Je ne pouvais plus rien faire. Avant de se barrer, elle m'a dit: 'Trouve toi une copine.'" Tristan ne trouvera pas de copine, mais une escort. C'est la dernière solution qu'il lui reste, semble-t-il. Cette fois, pas de banquette arrière sur un parking, mais le lit confortable d'un petit hôtel de centre-ville. La fille vient de l'Est, c'est "une bombe". Et Tristan couche. "Mais sans aller jusqu'au bout." "Je me suis demandé si c'était bien à moi que c'était en train d'arriver, se souvient-il. Oui, c'était moi. Ce n'était plus l'écran de la télé." Tristan n'est donc plus vierge. Mais lui se considère encore comme tel. "Je n'ai franchi un obstacle que parce que j'ai payé. Il n'y a pas eu de jeu de séduction ni de tendresse. Ce n'était pas la vraie vie. Je suis encore privé de quelque chose." Cette histoire d'escort date d'il y a cinq ans. Depuis, plus rien. Tristan s'est remis devant l'écran, en attendant de franchir le pas de l'agence matrimoniale, donc. Il se gratte encore la tête: "Le truc, avec ce genre d'agence, c'est que je prends un risque: celui qu'il n'y ait pas d'amour non plus."
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par victeur
Homme de 48 ans non vierge
#147135
Merci Mari9. .../....

Un jour, Nathan a décidé de se "suicider socialement". Il avait un peu plus de 25 ans et il a tout quitté, ses amis et son boulot aux impôts, pour s'installer dans une maison isolée dans le creux d'une vallée. Nathan souffre alors d'éreutophobie. Le mot est aussi étrange que le trouble qu'il caractérise: les éreutophobes vivent dans la crainte presque obsessionnelle de rougir et cherchent donc à éviter aux maximum les relations sociales. "Il fallait que je coupe les ponts avec tout, que je me retrouve seul, il en allait de ma santé, explique celui qui a accepté de se raconter dans le désert d'un parc strié par des rayons du soleil. Et puis, de toute façon, à l'époque, ça ne pouvait pas marcher avec les filles." De ses rapports avec ces dernières, Nathan garde peu de bons souvenirs. Même si les années collège sont agréables. "C'était bien. Parfois, j'en rêve." Il se souvient de certaines venues lui déclarer leur flamme. "Mais je disais non. Plus les années passaient, moins j'arrivais à me considérer comme un cadeau pour l'autre. Comme si je ne méritais personne." Nathan déprime. A 19 ans, il demande à être interné en hôpital psychiatrique. Il y rencontre une femme de dix ans son aînée avec qui il novie une relation. Il n'arrive pas à se contrôler. Il se souvient avoir éjaculé sans raison apparente alors qu'il était dehors avec elle. "Mais c'est rapidement parti en vrille, cette fille était tarée. Elle m'appelait tout le temps. Elle est juste tombée sur le premier abruti: moi." Nathan se rappelle toutes ses rencontres avec précision. Il y a cette fille qui lui demande après une fête de l'aider à détacher son vélo et qu'il regrette aujourd'hui ne pas avoir raccompagnée chez elle. Ou cette autre avec qui il reste allongé "pendant une demi-heure" sur un lit sans qu'il ne se passe rien. Avec le temps, les occasions se font rares. Il ne dit rien à ses amis. "Je me sentais obligé de mentir. J'en veux énormément à la société, qui impose une sorte de hiérarchie: si on couche, c'est qu'on fait partie des meilleurs. Et malheur aux autres." Parce qu'il ne rencontre personne, Nathan compense: il boit beaucoup, se drogue aussi. Il rougit de plus en plus, suite notamment à une allergie. "J'avais l'impression d'être le pire de tous, d'être mauvais en tout." Bientôt, il part pour la campagne et se réfugie dans l'étude de la faune et de la flore, seul moyen pour lui de se "blinder contre la dépression". En juin 2012, Nathan a une sorte de "déclic". Alors qu'il roule à vélo sur une petite route, une voiture s'arrête. La vitre se baisse: une jolie brune à l'accent italien lui demande son chemin. "Je suis immédiatement tombé amoureux, dit-il tout sourire. Il ne s'est rien passé mais cet épisode a provoqué quelque chose chez moi." Cette rencontre somme toute anodine pousse Nathan à se libérer du carcan austère dans lequel il s'était enfermé jusque-là. Aujourd'hui, Nathan s'est réinstallé en ville chez ses parents, voit régulièrement une thérapeute -à qui il n'a pas avoué sa virginité- et s'est aussi inscrit sur un site de rencontres. "Je suis prêt à créer des affinités avec quelqu'un", dit celui qui fêtera bientôt ses 38 ans. "C'est une année de changement, je le sais. Mon chat est mort, la roue est peut-être en train de tourner." Il rêve d'avoir sa première expérience avec une femme de son âge, qu'il connaîtrait bien. "Mais je pense qu'il vaudrait mieux que cela se passe avec quelqu'un déplus âgé, la personne serait plus bienveillante", nuance-t-il. Peu de temps après l'interview, Nathan envoyait un mail: "Je viens d'avoir mon premier rendez-vous avec une femme rencontrée sur un site. On s'est fait un restaurant, ça fait quinze ans que ça ne m'était pas arrivé. On se voit, et elle sait même que je suis vierge!"
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par Yellenah
Femme de 31 ans non vierge
#147138
Pour la suite, Victeur.

En effet, d'après la lecture des premiers témoignages, je trouve ça un peu moyen comme article. Ils auraient pu creuser un peu et ne pas se contenter de retranscrire de façon un peu romancée les échanges !
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par victeur
Homme de 48 ans non vierge
#147173
Qui sont les vierges tardifs ? Comment sont-ils perçus par la société ? Peut-on vivre toute une vie sans sexe ? Armelle Andro, chercheuse à l'Institut national d'études démographiques, répond.

Sait-on quelle partie de la population est en majorité touchée par la virginité tardive ?
L'enquête sur la sexualité en France que nous avons menée avec l'Institut national d'études démographiques (INED) montre qu'il s'agit, aujourd'hui, surtout d'hommes. Nous avons interrogé 12 364 personnes, entre 18 et 69 ans. À la question: 'À quel âge avez-vous eu votre premier rapport sexuel?', 305 d'entre elles ont répondu qu'elles n'en avait jamais eu. Ce qui correspond à 2,7% de l'échantillon, parmi lesquels 0,7% des femmes de 35-39 ans et 2 % des hommes. Ces derniers sont le plus souvent des hommes qui ne sont pas valorisés sur le marché sexuel: parce qu'ils sont peu qualifiés, qu'ils vivent dans des quartiers populaires ou qu'ils ont des problèmes de santé, voire un handicap. Il existe des caractéristiques sociales au fait que certaines personnes ne trouvent pas de partenaire sexuel(le).

Comment le reste de la société perçoit-il les vierges tardifs ?
Certains valorisent leur situation: ils sont fiers de leur virginité, c'est un choix. Cela dit, plus on avance en âge et plus la virginité est subie. Lors de notre enquête, nous avons demandé aux gens interrogés si leur entourage amical et familial était au courant qu'ils étaient vierges. C'est à ce moment-là qu'on s'est aperçu qu'il y a un effet d'âge très fort. Chez les moins de 25 ans, en général, l'entourage est au courant: c'est quelque chose que l'on n'a pas de mal à confier, voire à revendiquer. Chez les plus de 25 ans, plus ça avance, plus cela devient un secret. Arrivé à un certain âge, on est stigmatisé si on n'est pas encore entré en sexualité. Tout simplement parce qu'on considère que dans les étapes d'entrée dans l'âge adulte, le rapport sexuel est une norme, comme par exemple le fait d'obtenir son baccalauréat ou son permis de conduire, ou bien de gagner sa vie. Il y a une culture de la sexualité en tant qu'activité sociale. Comme si, pour être en bonne santé, il fallait baiser régulièrement. C'est une notion qui fait partie de ce que l'on appelle le bien-être. Il faut manger tant de fruits et de légumes, et avoir tant de rapports sexuels. Cela participe à la représentation que l'on a d'une personne adulte, équilibrée et bien dans sa peau. Du point de vue de la société, ne pas avoir de sexualité n'est pas considéré comme une déviance mais plutôt comme un handicap.

"Plus on est âgé, plus on est stigmatisé"

Peut-on vivre sans sexualité?
Une personne vierge n'est pas quelqu'un qui n'a pas de sexualité. Seulement quelqu'un qui n'a pas eu de rapport sexuel 'pénétratif'. Beaucoup des vierges tardifs que nous avons interrogés ont indiqué qu'ils prenaient du plaisir sexuel sous une autre forme: ils regardent des films pornographiques, ils se masturbent. Ils notaient également avoir eu des partenaires avec qui ils avaient partagé quelque chose, des caresses manuelles du corps, de la sexualité orale... Il faut aussi dire que les possibilités d'accès à des partenaires sexuels se sont multipliées ces dernières années avec le développement des sites de rencontres. La question de l'isolement devrait donc désormais, en théorie du moins, être plus facile à résoudre. • PROPOS RECUEILLIS PAR RM

La fonction OCR de mon imprimante permet de transformer n'importe quel texte en fichier Word sous format .doc. Un coup de scann puis Ctrl C / Crtl V et le tour est joué.
Pour les images, je les scanne sous le programme Paint, puis je les enregistre sous format .jpeg. Sous ce dernier format, je peux facilement les rogner pour avoir une image recadrée.


.../... pour avoir la seconde partie concernant le Japon
par salambo
Femme de 32 ans non vierge
#147177
Pour la suite (merci de nous faire partager l'article sur le forum)
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par victeur
Homme de 48 ans non vierge
#147186
VIRGIN MEGASTORE
Japon 1.JPG
Selon plusieurs sondages, entre 25 et 40% des hommes japonais âgés de 30 ans n'auraient jamais expérimenté le rapport sexuel. Si la virginité fut longtemps vécue comme un symbole de pureté au pays du Soleil-Levant, désormais, comme dans le reste du monde, être puceau est surtout synonyme de honte. Problème: au Japon, plus encore qu'ailleurs, rencontrer l'âme sœur n'est pas chose aisée.
PAR JOACHIM BARBIER, À TOKYO,
AVEC NATHALIE STUCKY
PHOTOS: KO SASAKI


Ils sont une vingtaine d'hommes, habillés d'un polo à rayures, d'une chemise à carreaux et d'un pantalon à pinces, âgés de 20 à 60 ans. Crayon à la main. Des Messieurs Tout-le-Monde version Japon. Assis en demi-cercle, face à une porte coulissante cernée de bambous empotés et de deux guirlandes de rosés, pommes et mousse végétale synthétiques accrochées au mur qui renvoient aux décorations de bûches de Noël. Et puis, Rie entre dans la pièce. Applaudissements. Elle a 25 ans et porte un paréo. Qu'elle laisse tomber. Elle est nue. Silence. Ça cligne un peu des yeux pour l'un des hommes devant son chevalet. Elle s'assoit en croisant les jambes. Un homme en kimono annonce qu'il enclenche le chronomètre: "Vous avez 15 minutes." Les hommes commencent à dessiner, son visage, ses épaules, ses jambes, son entrejambe. Au crayon, au fusain. La thérapeute qui anime l'atelier leur propose de prendre "un peu de liberté" pendant l'exercice, par exemple en s'asseyant par terre. Ils n'entendent pas. Les yeux font le pendule entre le corps de Rie et la feuille de dessin. Derrière le double rang de chaises, Shingo Sakatsume se fait plus que discret. À la tête de l'ONG White Hands, ce sociologue spécialisé dans les questions de "genre et de sexualité" est à l'origine de l'atelier organisé ce dimanche dans un salon de l'arrondissement de Suginami de Tokyo. Son ONG a été créée, au départ, pour former des assistant(e)s sexuel(le)s pour personnes handicapées physiques et mentales. Puis, en 2012, a été lancée la Virgin Academy pour accompagner et aider les vierges à se familiariser avec l'autre sexe. Les "cours" sont donnés online pour "respecter l'intimité" de la vingtaine "d'élèves" actuellement inscrits, et "faciliter la communication". En plus de ces séances à distance, le programme Virgin Breaker met en place des sessions où des puceaux peuvent participer à des ateliers live comme celui avec les modèles nues. Tous ces hommes qui dessinent ce jour-là sont donc vierges. "On trouve ici des gens qui suivent des cours à l'université ou possèdent un bon job mais qui ont souvent eu une première tentative de drague qui s'est transformée en échec et en traumatisme. Depuis, ils sont dans l'incapacité de communiquer avec une femme", explique Sakatsume. Un bip annonce la fin des quinze minutes de la première session. Les hommes se lèvent, pratiquent quelques étirements, comme s'ils venaient de terminer une épreuve physique douloureuse ou évacuaient une insoutenable tension. L'un d'eux, la cinquantaine, sort du salon et s'allume une cigarette qu'il grille en quelques bouffées. La maîtresse de cérémonie annonce que les prochains modèles seront des hommes "parce qu'on a aussi des femmes qui viennent", ajuste Shingo Sakatsume. Katshusi et Nakazawa entrent dans la pièce, une serviette de bain Mickey enroulée autour des hanches. Le premier s'excuse d'avoir un corps fin et suggère de le reproduire avec davantage de muscles et de puissance. Il prend une pose de magazine de cul gay. Le deuxième se déshabille et pose ses deux mains devant son sexe.

"On a créé cet atelier pour que ces hommes puissent découvrir la nudité dans un contexte artistique et éviter d'aller sur des sites porno"
Shingo Sakatsume, créateur de Virgin Academy

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