Appel à témoins de journalistes pour des reportages ou documentaires.
par salambo
Femme de 31 ans non vierge
#228623
je lis de temps en temps sa chronique, j'ai bien aimé celle-là, je trouve qu'elle renvoie à des thèmes actuellement débattus sur le forum et elle nous secoue pour sortir d'une spirale négative

https://www.lemonde.fr/m-perso/article/ ... 97916.html
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par Pasta
Homme de 32 ans vierge
#228626
De toute façon je ne pense pas que les problèmes que certains cherchent à excuser avec la misère sexuelle soient majoritairement causés par ceux qui en sont victime.

Cependant je ne vois pas en quoi c’est censé nous secouer…
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par Lereveur
Homme de 38 ans non vierge
#228633
J'ai le sentiment que l'article mélange plusieurs choses (et je ne suis pas d'accord pour considérer que le concept de " misère sexuelle " ne peut s'appliquer qu'aux hommes). Je doute aussi que l'auteure sache vraiment ce qu'est la solitude prolongée. Personnellement, je ne trouve pas que la sexualité solitaire apporte la même chose que celle qui est partagée ; elle est toujours teintée de tristesse.
par boum
Homme de 33 ans non vierge
#228987
Lereveur a écrit : ↑15 déc. 2019, 13:50 J'ai le sentiment que l'article mélange plusieurs choses (et je ne suis pas d'accord pour considérer que le concept de " misère sexuelle " ne peut s'appliquer qu'aux hommes). Je doute aussi que l'auteure sache vraiment ce qu'est la solitude prolongée. Personnellement, je ne trouve pas que la sexualité solitaire apporte la même chose que celle qui est partagée ; elle est toujours teintée de tristesse.
Justement, dans son article elle précise bien que la misère sexuelle n'es pas l'appanage des hommes.

Selon moi, il est faux de dire que la sexualité solitaire est toujours teinté de tristesse. Si elle est teinté de tristesse, c'est à cause du manque affectif. La sexualité solitaire ça soulage plutôt qu'autre chose. Ça continu même lorsque l'on est en couple... C'est une sexualité différente.
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par Lereveur
Homme de 38 ans non vierge
#229016
Attention, je dis bien que ce n'est que mon ressenti personnel, d'autres peuvent en avoir une vision différente ; ce avec quoi je ne suis pas d'accord, c'est quand elle dit que la sexualité en solo est aussi géniale qu'en couple, et que cela vaudrait pour tout le monde. Encore une erreur consistant à généraliser en somme.
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par Mattia43
Homme de 39 ans vierge
#229020
Je pense qu'elle vise surtout les incels/masculinistes qui justifient ou "excusent" le viol par la misère sexuelle... Elle précise bien dans l'article que la misère affective est un problème tout à fait distinct. Elle dit que la sexualité en solo vaut celle en couple pour se débarrasser de sa frustration sexuelle, mais pas pour se débarrasser de sa frustration affective.
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par Kyrie
Homme de 33 ans vierge
#229023
Mattia43 a écrit : ↑24 déc. 2019, 13:14 Je pense qu'elle vise surtout les incels/masculinistes qui justifient ou "excusent" le viol par la misère sexuelle... Elle précise bien dans l'article que la misère affective est un problème tout à fait distinct. Elle dit que la sexualité en solo vaut celle en couple pour se débarrasser de sa frustration sexuelle, mais pas pour se débarrasser de sa frustration affective.
J'ai lu rapidement son billet et si je te rejoins sur le fait qu'elle distingue bien frustration affective et frustration sexuelle, il n'empêche que son article souffre tout de même d'imprécisions "conceptuelles" qui entretiennent la confusion.

Notamment, à mon sens, l'auteur ne distingue pas bien ce qui est de l'ordre du besoin et du désir.

L'auteur semble essentiellement soutenir que la misère sexuelle n'existe pas car la pulsion sexuelle peut être assouvie par le recours à l'onanisme, qui est aussi efficace qu'un missionnaire selon les termes même de l'article. Pour soutenir cela, la prémisse est qu'en recourant à l'onanisme on assouvit là un simple "besoin sexuel" ou un "instinct sexuel" comme boire de l'eau quand on a soif ou manger quand on a faim (la seule différence étant que ces deux derniers éléments sont des besoins nécessaires alors que le "besoin sexuel" n'est pas nécessaire).

Or, elle écrit ensuite "Pire encore, notre acharnement à faire exister la misère sexuelle en produit. On crée un faux besoin, qui physiologiquement n’existe pas."

Ben justement, si l'auteur souhaite conserver la distinction misère sexuelle/frustration affective, il est bien obligé d'admettre que la misère sexuelle résulte d'un simple besoin/physiologique, d'un besoin animal. C'est précisément parce que c'est un simple besoin physiologique qu'il peut "se balayer d'un revers de main" (je cite à nouveau l'auteur tel quel).

L'auteur écrit également : "On ne plaisante pas avec les forces telluriques du désir (y compris quand ces forces pourraient se balayer d’un revers de main) !"

Manque de pot, c'est l'inverse là. Les forces telluriques du désir ne peuvent pas se balayer d'un revers de main, c'est le besoin qui peut se balayer d'un revers de main. Le désir lui n'est pas animal mais proprement humain et consiste précisément à être aimé ou à tout le moins être désiré par la personne avec qui on veut avoir une relation sexuelle. On ne désire pas juste assouvir son besoin, seul ou avec quelqu'un, mais on désire que l'autre nous aime ou nous désire.

A la fin de l'article : "La misère sexuelle n’est pas un souci de sexe, d’orgasme, de libido, mais un souci d’identité". Là on ne comprend plus puisque l'auteur a en gros soutenu dans le début de son article (malgré les confusions) qu'en gros la misère sexuelle n'est pas problématique car c'est de l'ordre du besoin et qu'on peut donc l'assouvir sans peine seul (il s'agirait donc d'un problème relatif à la nature) pour nous déclarer ici que c'est un problème d'identité donc qui s'attache à la culture.

A la limite, elle pourrait dire que le problème de l'identité est rattaché non à la problématique de la misère sexuelle mais de la misère ou frustration affective qui elle relève du désir. Et elle pourrait interroger la question de savoir comment le concept de virilité est associé à celui d'être désiré en tant que conquérant par exemple si je reprends les termes qu'elle emploie. Ce dernier paragraphe n'est même pas une piste, ce n'est pas un thème de réflexion qui m'intéresse donc je n'y connais rien mais c'est juste pour donner un exemple.

Bref, on ne comprend pas trop ni ce que l'auteur veut démontrer ni où et comment elle veut le faire. On pressent juste qu'elle veut dire que la "misère sexuelle" ne peut pas excuser des comportements illégaux/aggressifs, etc. mais très honnêtement et à mon sens, d'une part, ça coule de source et, d'autre part, l'auteur se mélange un peu les pinceaux dans les notions.
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par VACN
Homme de 26 ans non vierge
#229028
Pour notre chroniqueuse Maïa Mazaurette, ce qu’on appelle « misère sexuelle » désigne en réalité la « crise d’une certaine masculinité »
C'est marrant, on a tendance à tout ramener à une soit-disant fragilité ou crise de la masculinité. Il n'y a pas de lien, ici.

Avez-vous remarqué ? Que l’on parle de prostitution, de pornographie, de pédophilie, de culture du viol ou d’abstinence, quelqu’un finit toujours par mentionner le tragique destin des martyrs de la misère sexuelle.
Personnellement, je n'ai pas remarqué ça. J'imagine que ce discours existe dans certaines sphères, mais dans mon expérience, on ne peut pas vraiment dire qu'il ressort systématiquement lorsqu'on parle de ces sujets.

Pourvu que ces derniers soient des hommes, bien entendu. Côté femmes, le manque est rigolo (ah, les « nymphos »), dédramatisé (« les femmes n’ont pas de pulsions »), décrédibilisé (« il suffit aux femmes de traverser la rue pour trouver un partenaire »).
C'est étrange, elle dit que le manque féminin est "décridibilisé" et "dédramatisé", ce qui sous-entend qu'il est en réalité crédible et dramatique, alors que la prémisse de l'article est que ce manque n'existe pas vraiment. Pour les hommes, bien entendu ?

En matière de « soulagement des pulsions », une masturbation vaut autant qu’un missionnaire.
Une affirmation bien péremptoire.

Précisons donc : si la présence de l’autre est requise pour se réchauffer les pieds, c’est de la détresse affective. Si l’on s’en tient à la reproduction de l’espèce, il faudrait inventer la détresse reproductive. Mais comment parler de misère sexuelle, quand le soulagement sexuel est une ressource dont toutes les personnes valides disposent en quantité infinie ?
Je ne sais pas pour vous, mais pour moi le sexe touche autant au physique qu'à l'affect. Et on peut éprouver des désirs / pulsions / besoins (appelez-les comme vous voulez) qui ne peuvent être pleinement satisfait(e)s qu'avec un(e) partenaire. Voire plus.

Et l'argument ignore complètement les relations dites "éphémères". Si les gens recherchent des partenaires juste pour satisfaire leurs besoins sexuels, sans sentiments, c'est qu'ils y trouvent quelque chose qu'ils ne trouvent pas en se masturbant, ça me paraît évident.

Peut-être que l'auteure se sent pleinement satisfaite de la sexualité en solitaire. Si c'est le cas, je dirais qu'elle prend son cas pour une généralité.

D'une manière générale, je n'apprécie pas ce genre d'article paternaliste (maternaliste, en l'occurrence). L'auteure se permet de remettre en question l'expérience de toute une frange de la population, alors qu'elle-même n'est vraisemblablement pas dans cette situation. Ce qui constitue quasiment un péché capital, aujourd'hui.
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