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par Zenon
Femme de 28 ans vierge
#234562
Bonjour,

Je viens à peine de me décider à faire des recherches sur internet sur le sujet. Je ne pensais pas que l'absence totale de relation sexuelle et sentimentale pouvait être vécue par d'autres.

Voici quelques détails me concernant, en rapport avec le sujet :
- Je suis homosexuelle, exclusivement attirée par les femmes depuis le début (qui peut être l'enfance, mais je compte à partir de 12-13 ans, au moment de l'éveil des attirances et des désirs). J'ai été au lycée très amoureuse d'une fille que j'intéressais aussi, mais rien ne s'est concrétisé. Je n'avais aucune référence en terme d'homosexualité féminine et il ne me venait pas à l'esprit d'entreprendre quoi que ce soit. Je l'ai retrouvée après quelques mois dans les bras d'un garçon, forme de "choc initial" dont j'ai mis des années à me remettre (c'est-à-dire : pas de sentiments amoureux pour quelqu'un d'autre pendant des années). Je considère cette expérience comme un des facteurs de "blocage" dans ma vie sexuelle.
- Autre facteur : des années de violences scolaires (collège-lycée) ; j'ai dû me débattre dès 16-17 ans avec des obsessions suicidaires, qui ressortent régulièrement, et avec l'assurance d'être laide et bonne à jeter.
- "On" (= une amie mère d'une fille autiste Asperger et surdouée, un psychologue spécialisé dans l'autisme avec qui j'ai fait une thérapie, d'autres surdoués) m'a dite autiste Asperger à plusieurs reprises, et surdouée bien que je n'ai jamais eu le courage d'aller chercher de véritables "diagnostics" ; cependant, m'étant en quelque sorte spécialisée sur la question (thèse de doctorat) et ayant fait divers tests (peu fiables puisque auto-administrés) je tends à être d'accord avec ces "diagnostics".
- J'ai une malformation avérée (confirmée par un médecin) à la poitrine, que je juge très inesthétique ; je pourrais en étant remboursée me faire refaire les seins, mais je m'y refuse. On me trouve souvent très belle et je me sens "imposteur" parce que personne ne sait ; je suis par ailleurs très androgyne. Je suis depuis très peu de temps à l'aise avec mon corps ; je considère que cette "honte" attachée à ma poitrine a contribué à m'empêcher d'aller vers les filles qui me plaisaient.

Bref. Je vis de manière extrêmement retirée de toute vie sociale. Je m'ennuie avec les gens, surtout les jeunes que je trouve souvent beaucoup plus désireux de se conformer à une "norme" et avec lesquelles je suis quasi-incapable de créer des liens.
Je me suis engagée bénévolement dans une association LGBT avec la résolution début 2020 de me forcer à rencontrer des gens, expériences très difficiles et épuisantes, mais le coronavirus s'est installé...
Je souffre beaucoup de l'absence de vie sentimentale et sexuelle, de la solitude, mais aussi de la frustration sexuelle, qui est très pénible à supporter (se satisfaire soi-même et le porno, ça a des limites...).
J'ai essayé, en vain, les sites de rencontre (avouons aussi qu'il y a peu de choses pour les lesbiennes). Lorsqu'une fille me plaît, je ne sais pas comment l'aborder, le lui faire savoir : que dire ? où regarder ? quand sourire ? quand cesser de sourire ? comment comprendre les signaux non-verbaux qu'elle envoie ? etc... Je m'encombre moi-même.
Tout ceci conjugué m'amène, à 28 ans, à n'avoir de vie sexuelle que fantasmatiquement (et solitaire).
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par Lereveur
Homme de 39 ans non vierge
#234576
Bonjour et bienvenue Zenon.

Si ce n'est déjà fait, tu constateras vite que solitude, frustration affective, sentimentale et sexuelle, sont le lot commun de nos membres (et ce, quelle que soit l'orientation sexuelle) ; de même, beaucoup ici se " traînent " avec un passé de harcèlement scolaire, et tu n'es pas la première Asperger (avérée ou supposée, faute de diagnostic officiel) à venir ici ; idem pour l'absence ou presque de vie sociale et la difficulté d'appréhender les rapports humains. On a aussi parfois des profils de personnes avec un souci de santé.

Tout ça pour dire que tu trouveras une grande compréhension de ton vécu chez nous.

Ton bénévolat dans l'association ne t'a pas permis de faire des rencontres intéressantes (ne seraient-ce qu'amicales) jusqu'à présent ? En tout cas ça peut être effectivement une piste. Sinon, tu auras peut-être plus de mal, mais là où je suis il y a des bars LGBT avec apparemment une bonne ambiance (étant moi-même hétéro, j'ai visité l'un d'eux en compagnie d'un ancien collègue gay, et les gens semblaient sympathiques et pas du tout intimidants). C'est une idée comme ça :) .
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par Chill
Homme de 29 ans vierge
#234579
Bienvenue à toi sur le forum !

Je comprend totalement ta frustration, j'espère que tu trouvera ce que tu cherche grâce à ce forum.
par Zenon
Femme de 28 ans vierge
#234584
Bonjour,

Merci pour vos réponses.
Oui, j'ai fréquenté divers bars LGBT dans les différentes villes où j'ai vécu. L'association dont je fais partie est un bar associatif, avec une bonne ambiance, où j'aime aller (mais c'est loin de chez moi). Je n'y ai jamais rencontré personne, même pas sur le plan amical. J'ai l'impression de faire peur aux gens, et quand on arrive seul dans un endroit qu'on ne connait pas, j'ai l'impression que personne n'a envie de nous approcher, comme si la solitude engendrait encore plus de solitude.
par KaZaN
Homme de 32 ans non vierge
#234597
Bonjour Zenon ("sacré paradoxe" à base de carapace ^^ )

Bienvenue ! Tu n'as pas abordé le côté familial mais à ce niveau-la comment ça se passe avec ton entourage proche ? Je dis ça en pensant à la VT , pas à ton orientation sexuelle mais la question peut se poser aussi. Tes proches ont bien accueilli ton homosexualité ? Je suis hétéro mais j'ai une famille assez intolérante, j'imagine les dégâts qu'ils pourraient faire en désaccord avec une orientation sexuelle.
Je te demande ça car les relations familiales peuvent sacrément influencer tes rapports aux autres aussi.

Je suis d'accord avec ce qu'a dit Lerêveur, je trouve que l'ambiance dans les "spots" LGBT est plus chaleureuse et tolérante justement ! Quelle que soit notre orientation sexuelle.
par Zenon
Femme de 28 ans vierge
#234601
C'est vrai, la question de la famille est centrale.
Mes parents se sont rencontrés et aimés jeunes, et ne se sont jamais séparés, exemple plutôt idyllique difficile à reproduire... Mon père est une sorte de référence, un pilier stable sur lequel on a toujours pu compter. Ma mère s'est arrêtée de travailler pour élever ses enfants (mes frères et moi), et s'est mise ensuite à mi-temps, avant de pouvoir enfin exercer le métier qu'elle a toujours voulu exercer (psychanalyste).
Les problèmes se sont posés à l'adolescence de mon frère aîné, qui a été explosive. Je suis née entre deux frères, quand l'aîné s'est calmé, le suivant a pris la relève (en pire), je n'ai pas eu ma place pour la fameuse "crise d'adolescence", qui me semble nécessaire (tout en pouvant se passer calmement). Période de crises incessantes à la maison, tandis que je subissais des violences à l'école (surtout mentales, mais aussi physiques, des choses classiques en la matière). Mais je n'en parlais pas, je me sentais en devoir d'être exemplaire, de ne rater aucune marche pour réparer les dégâts de mes frères ; donc j'ai tu tous mes maux, mes pulsions suicidaires, et j'ai eu une "fonction" de réparation, de colmatage, sorte de mythe de Sisyphe, parce que c'était vain et toujours à recommencer.
J'ai découvert mon attirance pour les filles vers 12-13 ans (c'est un processus, ça ne se fait pas du jour au lendemain) ; je suis tombée amoureuse vers 15 ans, environ. Mais ce n'est qu'à 22 ans que j'en ai parlé à mes parents (tout en leur déballant mes histoires de harcèlement scolaire...). Il n'y a jamais eu d'homophobie ouverte de la part de mes parents, mais ça a mis du temps à leur monter à la conscience, surtout mon père (qui, entre autres, me marie encore imaginairement à des hommes, le premier venu, "pour plaisanter"). Par contre, mes frères n'en savent toujours rien. Ils sont devenus musulmans, l'un pour se marier avec une marocaine (sa culture est malheureusement terriblement homophobe, ma belle sœur dit qu'il faut enfermer les homos, qu'ils sont "psychologiquement malades"), l'autre par conviction religieuse (et comme beaucoup de convertis, il en rajoute des tonnes sur le plan de la pratique). Donc encore une fois je me tais pour préserver la paix familiale.
En ce moment, je termine ma thèse, je n'ai plus de revenus, je suis retournée vivre dans ma famille tout en cherchant du travail (tâche plus qu'ardue).
En écrivant ça, j'ai bien conscience de la fonction de mon absence de sexualité dans tout ce désordre (= intrication familiale), même si ce n'est sûrement pas la seule explication.

Concernant les paradoxes de Zénon, à vrai dire, je me référais surtout à L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar (que je suis en train de lire) pour mon pseudonyme.
par mike62
Homme de 35 ans non vierge
#234693
Bienvenue , j'espère que le forum pourra apporter les réponses à tes soucis de rencontre et sociaux en général
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par Lux
Femme de 33 ans non vierge
#234942
Je te souhaite la bienvenue ; je trouve tes premiers messages très bien écrits et très intéressants, alors merci par avance de ce que tu vas pouvoir apporter ici.
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par victeur
Homme de 48 ans non vierge
#234995
Bienvenue Zenon,

C'est déjà un grand pas de rentrer dans une association LGBT. Espérons que tu rencontreras ZeGirl.